Ernest Daudet,
Le crime de Jean Malory
(1877)
“ C'est jouer le tout pour le tout. – Il en est un, continua Jabin, qui a la physionomie d'un honnête homme. C'est le valet de pied que j'ai vu trois fois sur la voiture, assis à côté du cocher. – Et si tu te trompes, si l'homme auquel tu t'adresses révèle au prince les confidences que tu lui as faites ? – Pourquoi croire qu'il n'existe pas, même dans l'entourage d'un Bedleben, des coeurs généreux ? – Que veux-tu ? je doute de tout. Jabin sourit, et, se rapprochant de Daniel, il lui dit : – Mon cher enfant, nous allons jouer une partie désespérée. Soyons prudents, mais fermes. ”
