M. des Lourdines

Définition et enjeux

Portrait de Alphonse de Châteaubriant Alphonse de Châteaubriant Monsieur des Lourdines

M. des Lourdines dégagea doucement ses mains de celles de son fils, eut un geste désespéré, et lui fit signe de le suivre.
La chambre, chaude, sentait l’éther, fortement. Impressionné par cette odeur, par le mystère funèbre dont s’enveloppait dans l’ombre la masse confuse du lit, Anthime, un moment, hésita ; quand une flamme plus haute du foyer éclaira dans les oreillers une broussaille immobile.
« Maman ! »
Il se jeta au pied du lit et embrassa une main. Stupidement, M. des Lourdines regardait se traîner sur le plancher les bottes molles et brillantes de son fils.
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Portrait de Alphonse de Châteaubriant Alphonse de Châteaubriant Monsieur des Lourdines

M. des Lourdines aimait la marche, ce rythme régulier d’où lui montaient, comme d’un fléau, des poussières de pensées et de rêves. Et puis, sur toutes les saisons, celle-ci lui plaisait ; car, alors, la nature le pénétrait plus avant, lui touchait vraiment la peau, avec son humidité, ses brouillards, son odeur et ses grands feux qu’on allume.
« Hein, Lirot, allons-nous faire bonne chasse ? »
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Portrait de Alphonse de Châteaubriant Alphonse de Châteaubriant Monsieur des Lourdines

On n’entendait que les pas de Frédéric, qui allait et venait, et le bruit de l’argenterie sur la desserte.
Inquiet, M. des Lourdines étudiait Anthime, à la dérobée. Jamais encore il ne l’avait vu comme ce soir, les vêtements en désordre et traînant de la paille, la figure cadavéreuse, les cheveux dépeignés, collés aux tempes comme par une sueur de fièvre !
« Sûrement ! se disait-il, plus alarmé que jamais, il s’en ira !... il va me quitter ! »
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