Louis Noël

Louis Noël Étude sur Eugénie de Guérin (1867)

« Il y mit la beauté, » nous pouvons le dire d'Eugénie deGuérin : elle met en nous plus de bonté ; la bonté, ce regard du matin ingénu, ce don inné qui ne s'acquiert pas plus que la beauté, et qui, comme la grâce, émane de Dieu.
Le génie, à quelque degré qu'il existe, est un don du ciel ; il doit répandre, déposer en nous une plus grande somme de moralité. Le talent ne s'appartient pas à luimême, il est le bien de l'humanité ; ce n'est pas un égoïsme comme l'amour : il est l'ornement de l'intelligence, et celui qui veut l'étouffer amoindrit notre souveraineté.
Source : Gallica

Louis Noël Étude sur Molière (1861)

Molière a puisé à la fois chez les comiques de la Grèce et chez ceux de l'Italie ancienne et moderne. Son axiome était : Je prends mon bien où je le trouve. Quand une vérité peut être utile et qu'on l'exploite dans l'intérêt général, on est créateur, comme l'artiste qui s'empare d'un bloc de marbre, le taille, l'embellit et lui donne toutes les suavités de contour que l'art et le génie peuvent inspirer.
Le moraliste qui a le plus de ressemblance avec notre comique est Labruyère.
Source : Gallica

Louis Noël Éloge de Clémence Isaure : lu en séance publique le 3 mai 1877… (1877)

Depuis plus de quatre siècles, des phalanges de poëtes ont passé en saluant sa mémoire. Tous ceux que la perfection de la pensée attire se réunissent d'âge en âge, sous les plis de son écharpe. Ils paraissent dans ce tournoi poétique que son souvenir anime encore. Assidus à la célébrer, les poëtes l'ont faite si grande, ils l'ont placée si haut qu'elle ne peut désormais descendre dans un monde obscur.
La cité de l'art, des plaisirs délicats, des fêtes de l'esprit, Toulouse se pare du nom de Clémence Isaure.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature