Édouard Alletz

Élements biographiques

Édouard Alletz Discours sur la puissance et la ruine de la République de Venise

Ainsi le gouvernement de Venise ressemblait à la nature qui se meut et ne change pas, et où les éléments font naître l’harmonie de leur combat même. La constitution demeurait stable et invincible, puisque les diverses classes opposées entre elles travaillaient, à cause de cette contrariété même, à la gloire et au salut de l’État. La crainte, la jalousie, la haine, l’orgueil, la servitude, la tyrannie, toutes les mauvaises passions, convenaient à soutenir la redoutable majesté des lois.
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Édouard Alletz Signes de l’esprit nouveau dans le Parlement

Les idées révolutionnaires y tombent heureusement d’une même ruine. Ces dernières, à vrai dire, ne sont que des passions. C’est une haine des institutions qui régissent la France, un goût effréné de changement, un mélange d’envie et d’orgueil, un rêve de perfectibilité pour les uns, de plaisir dans la destruction pour les autres. Mais la portion du pays la plus éclairée, la plus puissante, la plus capable d’opérer une révolution, celle qui en a déjà fait deux, est décidée et intéressée à n’en pas faire une nouvelle.
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Édouard Alletz Discours sur la puissance et la ruine de la République de Venise

Telle était l’extrême jalousie des Vénitiens pour le bon état de leurs vaisseaux, qu’ils avaient construit, près de l’arsenal, de vastes abris sous lesquels les bâtiments se trouvaient garantis de la pluie et du soleil. Pour forcer les riches à contribuer aux dépenses de la marine, on avait établi que chaque galère serait armée et munie aux dépens de celui qui devait y commander. Cet usage, plus vieux que l’autorité des nobles, avait eu cette double fin de sembler respecter l’égalité, tout en poussant les riches aux honneurs, et de se servir de ces honneurs pour soulager le trésor de la cité.
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