Résumé

Édouard Alletz Discours sur la puissance et la ruine de la République de Venise

Ainsi le gouvernement de Venise ressemblait à la nature qui se meut et ne change pas, et où les éléments font naître l’harmonie de leur combat même. La constitution demeurait stable et invincible, puisque les diverses classes opposées entre elles travaillaient, à cause de cette contrariété même, à la gloire et au salut de l’État. La crainte, la jalousie, la haine, l’orgueil, la servitude, la tyrannie, toutes les mauvaises passions, convenaient à soutenir la redoutable majesté des lois.
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Édouard Alletz Discours sur la puissance et la ruine de la République de Venise

À dater de cette époque, Venise ne fera plus que décliner.
Déjà des événements plus forts que la prudence de la république avaient changé les routes du commerce général ; sa politique va juger les affaires d’un œil moins assuré ; une corruption intérieure minera les ressorts de son gouvernement ; le sceptre des mers échappera de ses mains : mais cet illustre empire ne descend pas sans majesté ; il médite sur sa propre ruine, et emploie deux siècles à exhaler les restes de son génie.
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Édouard Alletz Discours sur la puissance et la ruine de la République de Venise

Telle était l’extrême jalousie des Vénitiens pour le bon état de leurs vaisseaux, qu’ils avaient construit, près de l’arsenal, de vastes abris sous lesquels les bâtiments se trouvaient garantis de la pluie et du soleil. Pour forcer les riches à contribuer aux dépenses de la marine, on avait établi que chaque galère serait armée et munie aux dépens de celui qui devait y commander. Cet usage, plus vieux que l’autorité des nobles, avait eu cette double fin de sembler respecter l’égalité, tout en poussant les riches aux honneurs, et de se servir de ces honneurs pour soulager le trésor de la cité.
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