Évelines Désormery

Évelines Désormery Agnès de Méranie, femme de Philippe-Auguste… (1824)

On admirait le Roi, mais on aimait Agnès; et, tout en plaignant la destinée de la soeur de Canut, on n'apportait aucun remède à son malheur; car, pour le réparer, il aurait fallu faire celui d'une reine intéressante dont la bienveillance n'avait pas attendu cette époque pour éclater. C'est dans le coeur de leurs sujets que les souverains fondent une véritable puissance.
Plus les sourdes menées de l'Angleterre se multipliaient, plus la fille de Berthold comptait d'amis; on voyait eu elle une victime que l'ambition voulait s'immoler, et dès lors les esprits embrassèrent sa cause.
Source : Gallica

Évelines Désormery Agnès de Méranie, femme de Philippe-Auguste… (1824)

En peignant Isemberge sous les traits de la douleur, il émut ses juges; et l'action de Philippe, adoucie jusque là par les charmes d'Agnès, prit une couleur odieuse. On ne vit plus qu'en abandonnant la mère de ses enfans, cette seconde injustice, suite de la première, serait un de ces traits marqués du sceau de l'infamie : car, si le caprice avait produit le premier abandon si fatal à la princesse de Danemarck, quel nom donner à l'expulsion d'Agnès? Elle qui maintenant avait rendu Philippe le plus heureux des époux et des pères!
Source : Gallica

Évelines Désormery Agnès de Méranie, femme de Philippe-Auguste… (1824)

A la vue d'Agnès, appuyée sur les bras de son époux, on se précipite les uns sur les autres, on fuit dans les rues voisines. « C'est pour elle, disait-on, que les enfans naîtront dans le péché, et que -les hommes mourront dans l'impénitence : plus d'hymen, plus de sainte table ; ils sont arrivés ces temps de la désolation prédits par l'Écriture. Rentrons dans nos maisons ; cherchons par les jeûnes et la prière à détourner le coup foudroyant qui nous atteint. » Ces plaintes de tout un peuple qui tremble pour son salut brisent le coeur d'Agnès.
Source : Gallica

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