Adolphe Racot

Résumé

Adolphe Racot Le plan d'Hélène (1881)

Henri tressaillit ; puis, baissant la tête :
– Elle l'a dit, répliqua-t-il.
– En ce cas, reprit Chênefer, l'innocence ne doit pas supporter le poids de la faute.
– Que voulez-vous dire ?
– Que je suis assez riche pour assurer au moins l'avenir d'un être qui n'est pas responsable de sa mère, si tant est qu'elle ait dit vrai ! ajouta le peintre d'un air de doute.
Henri réfléchit un instant :
– Ce que vous ferez sera bien fait, mon père : vous êtes un homme d'honneur, et je suis votre fils.
Quelques heures plus tard, Chênefer se présentait chez Hélène Briffaut.
Source : Gallica

Adolphe Racot Le plan d'Hélène (1881)

Henri Chênefer se leva, les sourcils froncés.
– Mes hésitations ? Moi, hésiter ? Devenez-vous folle, Hélène, de douter ainsi de moi ? Mon père m'a appris à être un honnête homme, vous le savez bien : vous ne vous seriez pas donnée à moi, vous ne m'auriez jamais aimé sans cela. C'est un homme d'honneur, vous dis-je. Qu'avez-vous donc, et quelle pensée vous vient tout à coup ?
Elle se dressa debout, et les yeux à demi noyés, les lèvres entr'ouvertes, elle jeta au cou du jeune homme ses deux bras ronds tout parfumés de jeunesse, puis, ainsi suspendue et la tête appuyée sur la poitrine d'Henri.
Source : Gallica

Adolphe Racot Le plan d'Hélène (1881)

Chaque mot de Chênefer frappait droit comme une balle, l'enfant terrifié malgré lui. Chaque argument arrachait à Henri un rugissement sourd.
Il cria, exalté :
– C'est toi qui parles ainsi, toi qui m'as élevé dans le respect des principes de l'égalité ?
– L'égalité ne consiste pas à s'abaisser.
– Alors, l'aristocratie n'a fait que changer de nom ?
– C'est justement parce qu'il n'y a plus d'autre aristocratie que celle qu'on acquiert par le travail, le talent et la bravoure, que c'est à nous, ses fondateurs, à la maintenir intacte. Qui donc donnerait l'exemple ?
Source : Gallica

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