Résumé

Portrait de Alfred Binet Alfred Binet La Fatigue intellectuelle

Les effets produits par le travail intellectuel peuvent être divisés en deux groupes : d’une part, il se produit des modifications dans les fonctions physiologiques de l’organisme, telles que la circulation, la respiration, la température, l’alimentation, les sécrétions : ce sont les effets physiologiques ; d’autre part, le travail intellectuel produit une fatigue de l’attention plus ou moins forte et influe sur différentes fonctions intellectuelles et morales : ce sont les effets psychologiques. Tous ces effets seront plus ou moins accentués suivant la durée et l’intensité de l’effort mental.
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Quand le travail est court et intense, et surtout quand il prend la forme d’une recherche, il s’accompagne souvent d’un sentiment d’anxiété ; on craint de s’embrouiller et de ne pas trouver la solution juste, de ne pas répéter exactement les chiffres. L’émotion augmente si, comme il arrive souvent, le sujet n’est pas isolé, et si l’expérience se fait devant plusieurs témoins. Les effets de cette émotion s’ajoutent à ceux du travail intellectuel et l’expérience n’est pas bien faite.
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Sous l’influence du travail intellectuel, la force dynamométrique augmente, et dans des proportions d’un sixième, d’un cinquième, d’un quart même, suivant que l’attention a été fixée d’une façon plus ou moins soutenue. Dans un bon nombre d’explorations, j’ai noté une tendance à l’égalisation entre les deux mains, c’est-à-dire que la main gauche, qui est plus faible que la droite de 10 kilogrammes environ, gagne souvent plus que la droite sous l’influence de l’excitation psychique provoquée par le travail intellectuel.
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