Résumé

Anthologie japonaise : poésies anciennes et modernes des insulaires du Nippon (1871)

L'antique Orient nous a livré ses secrets ; l'Inde, l'Ègypte, l'Assyrie, l'Arabie nous appartiennent. C'est la conquête de l'érudition. Et presque en même temps la vapeur en rapprochant les peuples nous a ouvert ces vieux empires de la Chine et du Japon, si longtemps fermés à notre curiosité. Le monde n'a plus de mystères, il n'y a plus de littérature privilégiée. Ce qu'on recherche dans les livres de tous les peuples, ce n'est plus seulement le chef-d'oeuvre de quelque génie inspiré, c'est l'histoire même de l'esprit humain.
Source : Gallica

Anthologie japonaise : poésies anciennes et modernes des insulaires du Nippon (1871)

L'Anthologie japonaise ne me servira pas de prétexte pour faire un long discours sur un pays que je ne connais guère. Je ne dirai pas que les Japonais sont les Anglais de l'extrême Orient, de peur qu'involontairement le lecteur ne soit tenté de comparer l'esprit fin et moqueur des Chinois à celui du peuple d'Occident qui est le plus voisin de la Grande-Bretagne. J'avoue mon ignorance, et d'ailleurs j'ai horreur des systèmes. C'est le lit de Procuste où l'on mutile la vérité.
Source : Gallica

Anthologie japonaise : poésies anciennes et modernes des insulaires du Nippon (1871)

Supposons qu'on traduise Alfred de Musset en japonais. Non- seuleent aucune traduction
ne rendra la douce et triste mélodie de cette voix désolée, mais le sentiment même n'aura pas d'écho chez un oriental étranger au christianisme, qui n'a jamais vu nos vieilles églises, nos cloîtres sombres, et ces admirables tableaux ou le pinceau d'un Murillo nous peint un moine en extase devant l'enfant Jésus. Ce qui nous charme dans le poëte, c'est qu'avec quelques paroles il réveille en notre âme toute la magie d'un passé disparu ; mais qu'importe à l'étranger pour qui ce passé n'existe pas ?
Source : Gallica

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