Auguste Bailly 

Résumé

Auguste Bailly  Les Œuvres libres

Mathilde Bécherelle, tranquillisée, n’insista pas et M. Charibot la considéra avec amour, les yeux brillants d’émotion. Fallait-il que leurs âmes se fussent accordées, pour qu’aucune ombre ne pût passer sur lui sans qu’elle l’aperçût aussitôt !... Et avec quelle tendre sollicitude elle l’interrogeait !... Ah ! passer sa vie à ses côtés !... Non pas en ami, non pas, pour ainsi dire, en voisin, mais uni à elle, mélangé à elle, fondu en elle, ne formant plus avec elle qu’une seule sensibilité, par la grâce de la confiance, de la gratitude, et de l’amour !... Rêve trop beau d’un insatiable cœur...
Source : Wikisource

Auguste Bailly  Les Œuvres libres

Bonsoir, Charibot ! laissa tomber, sans le regarder, un gros homme rubicond, tout luisant d’une graisse orgueilleuse, qui passa devant lui et ne s’excusa pas.
M. Charibot rouvrit la porte qui s’était rabattue sur ses pieds, et sortit à son tour, le cœur tumultueux. Il suivit des yeux, sur le boulevard Saint-Germain, le puissant pachyderme qui roulait et tanguait : c’était le poète Roger Lamirande, l’illustre auteur des Jardins Vénéneux et du Cœur Ironique. Les promeneurs le heurtaient du coude sans se douter qu’ils touchaient le veston d’un homme de génie, et Charibot les prit en pitié.
Source : Wikisource

Auguste Bailly  Les Œuvres libres

Injure aussi stupide que grossière si elle prétendait s’adresser à lui. Pour être ce qu’elle avait dit, il aurait fallu, préalablement, qu’il fût autre chose. À la vérité, Mme Diamant ignorait, et sans doute n’eût-elle pu croire qu’il ne le fût pas. Mais alors, elle mettait en cause une femme insoupçonnable et sa malveillance lui inspirait une diffamation ignoble. Tellement ignoble que M. Charibot se persuada qu’il était fou d’y avoir pu songer, et qu’en interprétant de la sorte une affirmation triviale, mais anodine, il était, somme toute, plus coupable que sa concierge.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature