Résumé

B. Hauréau Louis de Berquin - 1523-1529

Ils m’ont accusé d’hérésie devant le parlement, devant les délégués du pape, uniquement parce que j’ai traduit en langue vulgaire quelques-uns de vos opuscules où ils osaient prétendre qu’ils avaient trouvé les plus monstrueuses impiétés. J’ai sur-le-champ deviné leur manœuvre : ils voulaient, avec l’aide des dieux, brûler comme hérétiques les livres d’Érasme et avec eux maître Berquin, s’il ne consentait pas à les abjurer comme tels. S’il les abjurait, il suffisait à leur vengeance de lui avoir infligé la marque d’une insigne et perpétuelle infamie.
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B. Hauréau Louis de Berquin - 1523-1529

Un empêchement est survenu, le bras séculier n’a pu remplir son office; mais la sentence demeure intacte, et si le roi, qui s’est mis entre Berquin et le bourreau, quitte cette place, le bourreau va frapper. La vie de Berquin est en suspens, à la merci d’une circonstance. Si donc il a souci de vivre, il doit se taire. Puisqu’il est du parti de la liberté, il est du parti de la justice : il peut se consoler de toutes ses disgrâces en se disant cela tous les jours à lui-même, mais il faut qu’il s’abstienne de le prêcher en public. C’est le conseil que lui donne Érasme.
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B. Hauréau Louis de Berquin - 1523-1529

« En ce pays, le commun du peuple estime qu’il n’y a pas de gens plus méchans et plus criminels que les hérétiques, et ordinairement, tandis qu’ils sont en proie aux flammes du bûcher, le peuple autour d’eux s’agite avec frénésie et les maudit même au milieu des tourmens. »
Berquin avait auprès du roi des amis qui, moins zélés pour les intérêts de la religion, étaient moins cruels. Ayant appris avec le plus grand déplaisir les poursuites exercées contre lui pour quelques libres propos, ou, comme dit Erasme, pour quelques vétilles, ils eurent hâte d’intervenir quand ils virent sa cause perdue.
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