Charles Nodier

Charles Nodier

Adèle (1820)

Résumé

Portrait de Charles Nodier Charles Nodier Adèle (1820)

C'est Silvie, la fraîche Silvie, la douce anémone des bois. Il n'y a point de fleurette, ô Silvie, qui puisse rivaliser avec toi de grâce et de beauté, quand tu balances au souffle de l'air ta conronne blanche et rose découpée en cinq parties. Toute la pompe des autres fleurs, et l'amour lui-même n'en excepteroit pas la rose, ne vaudra jamais ta modeste beauté. Ta tige courbée sur
elle-même est l'emblême de la mélancolie, et la mobilité de ton calice flottant exprime les agitations d'un jeune coeur.
Source : Gallica

Portrait de Charles Nodier Charles Nodier Adèle (1820)

L'amour, la constance, la gloire, l'aveu même de ton aïeul ne t'ont-ils pas légitimée ? Cette cérémonie froide et sérieuse qu'on appelle le mariage auroit-elle mieux constaté ta naissance que le dernier baiser que se donnèrent tes parens en face de Dieu, du peuple et des bourreaux ? – que le sacrement de sang qui les unit dans l'éternité ? La fille de Jacques Evrard ! Laboureur ou soldat, nul homme n'a surpassé celui-ci en noblesse ; et si la noblesse est le prix des rares actions, celui qui la transmet aux siens n'est-il
pas plus noble que ceux qui la reçoivent de lui ?
Source : Gallica

Portrait de Charles Nodier Charles Nodier Adèle (1820)

Un trait de feu s'est élancé jusqu'à mon coeur. – Incomparable volupté ! C'est un baiser d'Adèle, l'empreinte, la douce empreinte de ses lèvres qui repose sur mes lèvres ! Oh je la conserverai entière, inaltérable ! On ne l'effacera jamais ! Périsse le jour où je le profanerois, ce précieux sceau de l'amour, dans les baisers d'une autre femme ; où une bouche inanimée, insensible, me raviroit la fleur humide de ton baiser ! S'anéantisse mon âme avant que je commette ce sacrilége !
Que le poids de mes sensations est difficile à supporter ! Que j'ai quelquefois de regret à mes douleurs passées !
Source : Gallica

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