Résumé

Lettres bourguignonnes ou Le danger de compter sur une femme (1829)

J'aime cet emportement qui sied si bien à l'innocence, j'aime aussi ces phrases sonores; ces mots heureux que vous avez empruntés des romantiques ; par exemple, ceux-ci : mon mari n'est mu que par l'intérêt de l'Eglise; et ensuite : ces filles de joie, ces libertins, ces créatures. Oui, toutes ces gentillesses m'ont charmé, et on voit que ce langage vous est naturel; cependant quelque chose dans votre lettre m'a déplu; comment se fait-il que vous qui êtes si douce et si humble, vous vous soyez emportée jusqu'à faire des menaces; je ne reconnais pas là la prudente épouse du bonhomme Dubreuil.
Source : Gallica

Lettres bourguignonnes ou Le danger de compter sur une femme (1829)

LA MÈRE DE CHARLES A SON FILS. Beaune, le 2 juin 1829.
Tu te portes bien, cruel enfant, ne me trompes-tu pas? Les chevaux ne t'ont-ils pas renversé ? Ah ! rassure encore une mère qui mourrait de chagrin si elle te perdait. Depuis la réception de ta lettre, j'ai la fièvre et je garde le lit ; ta soeur aussi, mon bon Charles, a été bien effrayée. Que la mère de cette petite fille doit t'ai mer, ô mon fils ! Quand on est capable de montrer un tel dévouement pour un enfant qu'on ne connaît pas, on doit être un bon père ; n'aurai-je donc jamais le bonheur de te voir choisir une compagne.
Source : Gallica

Lettres bourguignonnes ou Le danger de compter sur une femme (1829)

En vain voudrais-tu me persuader que ton mariage n'éteindra pas ton amitié, en vain voudrais-tu me faire croire que ton épouse ne régnera pas tellement dans ton coeur qu'il ne puisse y rester une place pour moi : je te connais, cher Edouard , tu aimeras ta femme avec passion, tu en seras chéri de même, car les femmes aiment toujours les hommes généreux; et petit à petit satisfaits tous les deux du bonheur que vous trouverez dans votre union , vous ne penserez plus à vos amis.
Source : Gallica

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