Charles d' Héricault

Charles d' Héricault

Résumé

Portrait de Charles d' Héricault Charles d' Héricault Thermidor : Paris en 1794. Paris en 1794 (1872-1873)

Citoyens, dit-il d'un ton où la tristesse luttait avec le dédain, j'ai embrassé la cause de la Révolution dès son origine et je n'ai cherché le bonheur individuel que dans la félicité de tous. La raison, sans doute, m'avait bien appris que tous les hommes naissent et doivent être libres et égaux. Mais un sentiment encore plus fort, l'amour de mes semblables, m'a fait goûter le charme de cette fraternité, fille de l'égalité, qui ne doit faire de tous les hommes qu'une même famille. J'ai senti vivement la douceur d'avoir une patrie, et la gloire d'être citoyen, membre d'une grande république.
Source : Gallica

Portrait de Charles d' Héricault Charles d' Héricault Thermidor : Paris en 1794. Paris en 1794 (1872-1873)

Si tu n'as rien vu quand deux heures auront sonné, tu viendras en toute hâte m'avertir au Garde-française, je courrai en voiture jusqu'à la barrière de Vaugirard, où j'arriverai avant trois heures.
— C'est entendu, parent, dit Justin avec un joli sourire. Mais si je rencontre cet Aristobule?
— Un vrai sans-culottes, dit avec majesté Pourvoyeur, doit sacrifier même ses colères sur l'autel de la patrie. L'hypocrisie est une vertu, si c'est pour la République qu'on l'emploie, et le parjure est saint, si c'est pour mieux respecter son serment civique qu'on en prête un autre faux.
Source : Gallica

Portrait de Charles d' Héricault Charles d' Héricault Thermidor : Paris en 1794. Paris en 1794 (1872-1873)

« Citoyen, dit-il en rougissant, et en tâchant de raffiner de son mieux son patois picard. Je suis le neveu de la citoyenne Rose, de la fameuse dame Rose, voudrêtes-vous bien me dire, mais là, droitement, s'il n'y a point quelque part ici un pays qu'on appelle Meudon, qu'est peut-être bien une ville, village ou hameau, selon ce qui se trouvera, s'il vous plaît, au nom de la liberté, citoyen. »
Aristobule, se sentant touché, avait fait un bond, et, l'oeil encore noyé, vague, il agitait son bâton. Le jeune paysan recula effrayé.
Source : Gallica

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