Résumé

Charles-Aimé Dauban Les prisons de Paris sous la Révolution… (1870)

Il n'y avait pas de femmes détenues aux Madelonnettes : aussi la jeune épouse du concierge y était saluée comme un ange, comme une déesse; à Port-Royal, où il y en avait beaucoup, elles sont toutes adorées. A force de se fondre et de s'amollir dans les épanchements intimes, le cœur, même chez les vieillards, perdait jusqu'aux plus excusables préjugés de l'éducation : « Ma fille, — disait à son héroïque enfant le marquis de Sombreuil, en lui montrant un artisan qui avait contribué à le sauver de la mort, — si cet honnête homme n'était pas marié, tu n'aurais pas d'autre époux. »
Source : Gallica

Charles-Aimé Dauban Les prisons de Paris sous la Révolution… (1870)

Si l'on n'eût arrêté ce débordement de sang humain, je ne doute pas qu'on n'eût vu des hommes aller se précipiter d'eux-mêmes sous le tranchant de la guillotine. Comme l'a très-bien dit Fréron, la première des affections sociales, l'amour de la vie, s'éteignait déjà dans tous les cœurs. J'ai vu plus de dix femmes qui, n'osant prendre du poison, avaient crié Vive le Roi ! et chargeaient par ce moyen cet abominable tribunal du soin de terminer leurs jours, les unes pour ne pas survivre à un époux, d'autres à un amant, d'autres par dégoût de la vie, presque aucune par fanatisme royal.
Source : Gallica

Charles-Aimé Dauban Les prisons de Paris sous la Révolution… (1870)

Quel est le prisonnier qui, dans les horreurs d'un ténébreux et humide cachot, ne roule dans son esprit les plus noirs projets de la rage et du désespoir? Dévoré par les alarmes d'une procédure criminelle, enflé par tout le corps, en proie tout vivant aux animaux qui rongent les cadavres , quel accusé ne pousse en expirant, vers le ciel, des cris faits pour attirer sur nos têtes le poids de sa colère et ne demande vengeance de sa mort à Dieu, seul témoin de ses infortunes? Le meurtre d'un coupable dans la prison est perdu pour l'exemple
Source : Gallica

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