Résumé

Les prisons de Paris sous la Révolution… (1870)

Arrivés devant la rue Neuve-Saint-Étienne, je me rappelle les jours de la belle saison où, tous les matins, ma chère Minette et moi, nous nous rendions avec tant de plaisir, par ce même chemin, à nos agréables leçons de botanique. J'étais libre alors, j'étais heureux ; ma fille était avec moi, et nous respirions ensemble l'air pur et bienfaisant du Jardin des plantes. Aujourd'hui je suis captif, je ne vois plus ma fille, et je sors de l'air infect d'une
prison de quatre mois, pour aller respirer à une lieue des miens une atmosphère peut-être non moins infecte.
Source : Gallica

Les prisons de Paris sous la Révolution… (1870)

Si l'on n'eût arrêté ce débordement de sang humain, je ne doute pas qu'on n'eût vu des hommes aller se précipiter d'eux-mêmes sous le tranchant de la guillotine. Comme l'a très-bien dit Fréron, la première des affections sociales, l'amour de la vie, s'éteignait déjà dans tous les cœurs. J'ai vu plus de dix femmes qui, n'osant prendre du poison, avaient crié Vive le Roi! et chargeaient par ce moyen cet abominable tribunal du soin de terminer leurs jours, les unes pour ne pas survivre à un époux, d'autres à un amant, d'autres par dégoût de la vie, presque aucune par fanatisme royal.
Source : Gallica

Les prisons de Paris sous la Révolution… (1870)

Quel est le prisonnier qui, dans les horreurs d'un ténébreux et humide cachot, ne roule dans son esprit les plus noirs projets de la rage et du désespoir? Dévoré par les alarmes d'une procédure criminelle, enflé par tout le corps, en proie tout vivant aux animaux qui rongent les cadavres , quel accusé ne pousse en expirant, vers le ciel, des cris faits pour attirer sur nos têtes le poids de sa colère et ne demande vengeance de sa mort à Dieu, seul témoin de ses infortunes? Le meurtre d'un coupable dans la prison est perdu pour l'exemple
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature