Comte Kokovtzoff

Résumé

Comte Kokovtzoff Revue des Deux Mondes

Faute de connaître la puissance économique de la Russie avant le coup d’Etat d’octobre 1917, et l’essor prodigieux des diverses branches de l’activité économique du pays pendant les dix dernières années avant la guerre, il serait impossible de se faire une idée de l’abime où le régime économique, politique et social, instauré par le Gouvernement des Soviets, a précipité le pays et de juger exactement l’énormité d’efforts qu’il faudra dépenser pour faire revenir la vie économique de la Russie au niveau qu’elle avait atteint lorsque la révolution bolchévique vint tout détruire.
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L’industrie nationalisée travaille à perte et vend ses produits au-dessous du prix de revient : elle ne peut donc pas faire payer par les consommateurs les contributions directes et indirectes qu’elle verse à l’Etat. Elle supporte elle-même le poids de ces contributions qui augmentent d’autant ses déficits. Le seul moyen qu’elle ait, pour couvrir ces déficits, est le recours aux subventions de l’État qui lui sont octroyées à l’aide de nouvelles émissions de papier-monnaie, ou la consommation de son capital et de ses stocks.
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Le Gouvernement des Soviets est ainsi conduit à rechercher les moyens financiers qui lui permettront non seulement de couvrir les dépenses publiques, mais aussi de combler les déficits de l’industrie, des transports et du commerce nationalisés.
Quelles sont les ressources normales dont peut disposer le Pouvoir bolchévique pour satisfaire à cet ensemble de besoins financiers ? Ce sont l’impôt en nature et les impôts en argent.
L’impôt en nature est prélevé sur les paysans. Il dépend essentiellement de l’état de la production agricole.
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