Résumé

Daniel Zolla Revue des Deux Mondes

L’agriculteur et l’industriel sont donc des émules et non pas des rivaux. A mesure qu’a grandi la production rurale, la production industrielle a pu grandir à son tour, et, par une réaction ou une solidarité économique partout et toujours observée, l’existence d’une industrie prospère a précipité les progrès de l’agriculture elle-même. En multipliant ces consommateurs des produits de la terre, on peut donc dire que l’exode rural lui-même n’a pas été une cause de ruine pour l’industrie rurale ; il a, dans une certaine mesure, servi au contraire ses intérêts et assuré sa prospérité.
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Rien de plus faux à ce propos que de voir dans le patron agricole le représentant de la « classe bourgeoise, » dont l’avidité et l’âpreté au gain transformeraient le salarié en un prolétaire exploité, vendant sa force de travail au-dessous de la valeur qu’elle produit et des bénéfices usuraires qu’elle assure à l’employeur. Ce dernier vit de la vie de son auxiliaire, travaille près de lui, supporte ses fatigues, et lui fait partager le bien-être relatif dont il jouit lui-même.
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L’observation des réalités nous a permis d’affirmer tout d’abord que les salaires s’élevaient. Jamais, depuis quarante ans, cette progression n’a été plus générale et plus rapide que durant les premières années du XXe siècle. La hausse des denrées alimentaires réduit, il est vrai, le pouvoir d’achat du salaire, mais l’ouvrier rural si souvent propriétaire n’en souffre pas ou en souffre peu. Le domestique nourri chez son patron ne supporte même aucune perte et profite, sans aucun retranchement, de l’augmentation de ses gages.
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