Résumé

Dieu et Patrie, souvenirs militaires (1894)

« Jean-Marie, tu es brave, lui dit-il, je vais te proposer pour la croix. —Je vous remercie, mon commandant, répondit le blessé ; ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Je n'ai qu'un instant à vivre. Je voudrais mourir en chrétien... un aumônier !... — Nous n'en avons pas ici, hélas ! — Oh ! mon Dieu ! murmura le moribond, pas de prêtre ! je suis bien malheureux ! Que dirait ma pauvre mère si elle me voyait prêt à quitter la vie sans qu'un ministre du Seigneur fût à mes côtés, me montrant le ciel, m'adressant un mot d'espoir, de pardon ? »
Le mourant fondit en larmes.
Source : Gallica

Dieu et Patrie, souvenirs militaires (1894)

Il parut s'éveiller ainsi que d'un sommeil, et murmura, en souriant : Maman ! Papa ! Geneviève répondit par un cri de bonheur.
« Gloire à Dieu ! Louanges, amour à Marie ! » dit le prêtre. Et la mère, élevant son fils devant l'autel, dirigea vers la sainte Vierge le sourire que lui adressait l'innocent ; puis, se livrant à la joie de son coeur, elle embrassait l'enfant guéri, remerciait Notre-Dame, revenait à son fils, admirait les couleurs de la vie rendues à
son visage, et bénissait encore celle qu'on ne prie jamais en vain.
Source : Gallica

Dieu et Patrie, souvenirs militaires (1894)

L'aumônier se rend auprès du sergent.
« Monsieur l'aumônier, lui dit celui-ci, est-il donc vrai que l'on va me fusiller ? — Vous le savez, mon pauvre enfant, il n'y a pas à vous faire illusion. »
Le soldat se confesse avec un admirable sang-froid, puis se levant soudain : « Mon aumônier, il faut donc mourir ! s'écrie-t-il, je ne verrai plus ma mère. Elle aurait été si fière si j'étais mort au champ d'honneur, mais
mourir fusillé ! fusillé par mes camarades ! Non, aumônier, c'est trop dur. Ah ! par pitié pour ma mère, sauvez-moi !»
Source : Gallica

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