Résumé

E. Boutmy Revue des Deux Mondes

Le détestable gouvernement des premiers rois normands et angevins n’a pas d’autre cause. C’est cet abus d’un trop grand pouvoir, combiné avec l’extrême violence des mœurs du temps, qui a déterminé au XIIIe siècle la crise d’où est sortie la grande charte.
Le haut baronnage que la royauté anglaise menace avec des forces si supérieures ne vaut pas mieux par nature que la noblesse du continent. Dans le siècle qui suit l’invasion, ce n’est qu’une bande d’aventuriers avides, de soldats turbulens, de petits tyrans effrénés qu’il faut incessamment contenir et châtier.
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E. Boutmy Revue des Deux Mondes

Longtemps contenue par les restes vivaces d’une féodalité qui avait laissé fortement son empreinte dans les habitudes et dans les instincts des hommes, il a fallu qu’elle prît un caractère rationnel, une forme impérative et statutaire, qu’elle s’établit par le commandement et par la violence. En Angleterre, l’unité législative n’a pas été imposée, parce qu’elle n’a pas rencontré de résistance sérieuse ; elle s’est insinuée, infiltrée sans bruit sous la forme discrète des précédens judiciaires. Son développement s’est confondu avec celui des besoins et des mœurs.
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E. Boutmy Revue des Deux Mondes

C’est surtout la persistance de l’esprit et de la vocation militaires qui a conservé à la noblesse française jusqu’en 1780 une position à part au milieu des autres classes de la nation. Ici, l’esprit militaire a disparu, si ce n’est chez quelques grands seigneurs d’aventure destinés à s’entre-détruire et à disparaître avant le XVIe siècle. A partir du XVe siècle, on peut dire que la masse de l’ancienne chevalerie anglaise n’est plus qu’une haute classe rurale dans laquelle figurent, avec des droits égaux, tous les propriétaires libres importans du comté.
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