Résumé

Ferdinand Belin Etude littéraire sur le génie et les écrits du cardinal de Retz (1864)

Un visage qui promettait un esprit si singulier ne trompait guère. L'ambition la plus vaste et la plus insatiable , le désir toujours inassouvi de se distinguer ou plutôt de se singulariser ; l'orgueil le plus extrème , la vanité la plus ancrée , une confiance extraordinaire en son génie et en sa fortune; une imagination surprenante , mais trop amoureuse de l'infini et de l'impossible ; l'audace la plus téméraire , l'habileté la plus consommée ; un art des intrigues souterraines , des menées sourdes, des machinations perfides, des coups de main hardis pour arriver à son but
Source : Gallica

Ferdinand Belin Etude littéraire sur le génie et les écrits du cardinal de Retz (1864)

Heureusement, quand on étudie Rais dans ses Mémoires, on a l'avantage de n'être pas longtemps ébloui par l'éclat des maximes d'État, qu'il fait briller avant d'entrer en scène et de commencer la comédie de la Fronde. C'est qu'il est une gloire que Rais préfère à toutes les autres, celle d'agitateur et de tribun du peuple ; il est un surnom dont il se montre jaloux depuis son enfance , celui de petit Catilina ; enfin il souhaite avant tout d'être l'âme et le chef d'un parti.
Source : Gallica

Ferdinand Belin Etude littéraire sur le génie et les écrits du cardinal de Retz (1864)

Il semble qu'il ne se doute pas qu'il y ait un art d'écrire , ou plutôt, comme on l'a déjà dit, il méprise la réputation d'écrivain. Aussi se perd-il souvent dans les détails ou les longueurs oiseuses d'une narration ; il se fatigue , s'endort même et ne fait oublier son sommeil que par un réveil toujours lumineux. Son style a aussi des défaillances. A force de tourmenter la langue ou d'en dédaigner les règles, Rais en méconnaît le génie. Sa phrase est parfois incorrecte et barbare, parfois ses mots sont
pris à contre-sens et ses métaphores paraissent outrées et sans justesse.
Source : Gallica

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