Frédéric Soulié

Frédéric Soulié

Résumé

Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Le lion amoureux

Car en voyant Lise chacun se dit ;
Il leur reste un heureux à faire !
Oh ! lion, quelle honte ! un couplet improvisé à table, à une noce de patentés ! Lion, que vous êtes petit garçon ! pauvre lion.
Léonce n’eut pas le temps d’y penser ; car à peine le couplet fut-il achevé que toute la table craqua d’applaudissements, de trépignements, de bravos. Lise, qui ne s’attendait pas à la conclusion, cachait sa rougeur en baissant la tête ; Mme Laloine, tout en larmes, se leva pour venir embrasser sa Lise, en disant à M. Tirlot :
« C’est vrai, monsieur Tirlot, vous aviez oublié ma Lise ! »
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Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Le lion amoureux

Lise était entrée avec une curiosité d’enfant dans l’appartement de Sterny ; mais, dès qu’elle y fut, ce sentiment devint plus sérieux et presque timide ; il lui sembla être dans un endroit dangereux. Sous ces tentures magnifiques, parmi ces trophées d’armes damasquinées, près de ces étagères couvertes d’objets d’or et d’un goût exquis, dans cette demeure où il n’y avait rien qui fût à l’usage d’une femme, elle se sentit mal à l’aise comme si elle eût été seule dans un cercle d’hommes
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Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Le lion amoureux

« Je vous remercie pour Prosper de ce que vous venez de me dire, cela lui ferait grand plaisir.
— Oh ! Prosper me connaît depuis longtemps ; nous avons été enfants ensemble, et il n’est pas comme vous, il ne me croit pas un dandy, un lion.
— Qu’est-ce que c’est que ça, un lion ? dit Lise en riant.
— Oh ! reprit Sterny, ce sont des jeunes gens du monde qui se croient de l’esprit parce qu’ils se moquent de tout, qui font semblant de mépriser tout ce qui n’est pas de leur coterie, et qui n’ont pas d’autre occupation que de ne rien faire. »
Le lion reniait sa religion et ses frères.
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