Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert L’Arbitrage international et la Paix

Mais il est bon de savoir aussi que, dans la situation présente de l’Europe, un peuple qui passerait pour aimer la paix comme un quaker et laisserait soupçonner à ses voisins qu’il se soucie peu d’en découdre, qu’on peut l’offenser impunément, qu’il préfère son repos à sa fierté, verrait bientôt s’abattre sur lui le fléau dont il rêvait de se garantir à jamais et la verge sanglante qui lui fait peur. Quoi qu’en disent les partisans de l’arbitrage international et quoi que décident les congrès, je crains que Platon n’ait raison.
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Après la révolution de 1848, on vit paraitre et se propager rapidement un nouveau principe de politique internationale, que ses partisans nous donnent pour une loi sacrée, aussi indiscutable qu’une vérité géométrique, aussi juste que la justice elle-même. Le principe des nationalités, qui a joué un si grand rôle dans les événemens de ces trente dernières années, eut cette bonne fortune qu’un souverain au cœur généreux et à l’esprit trouble n’hésita pas à le prendre sous son haut patronage et qu’il se donna beaucoup de peine pour lui gagner les bonnes grâces de l’Europe.
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Mais pourquoi faut-il que le bonheur soit, de toutes les choses de ce monde, la plus difficile à définir? Rechercher le souverain bien, a-t-on dit, c’est chercher la pierre philosophale : il n’existe pas plus que le souverain carré ou le souverain cramoisi. Et puis chacun a sa façon particulière d’être heureux, comme chacun a sa couleur favorite. Il y a des peuples qui se passent à merveille de la liberté ou qui réussissent à se la procurer telle qu’ils l’aiment dans un état de choses qui nous paraîtrait la pire des servitudes.
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