Résumé

Georges Dubois La défaite du Kronprinz en Argonne (1918)

Le quatrième, qui s'appelait Boudou et qui était un petit homme brun et trapu, sentencieux et tranquille, murmura : — Et puis, on se lave les pieds!
— Attention où vous les posez, vos pieds, recommanda Ferrant; évitons de choir dans les trous!. Oh! oh! il y a des pierres énormes, et qui roulent comme des boules.
Au milieu de la rivière, l'eau, soudain, leur monta jusqu'à la ceinture, et, dans ses remous boueux, elle les saisit avec violence, comme pour les emporter.
- C'est à présent qu'il faut du sang-froid, dit Ferrand, Courage, les amis!. Nous passons le plus difficile.
Source : Gallica

Georges Dubois La défaite du Kronprinz en Argonne (1918)

Et l'on marchait à larges pas, en remontant la bretelle du fusil sur l'épaule, en assurant sur le dos, d'une secousse, le sac si lourd sous un. soleil d'enfer. L'enfer, d'ailleurs, était partout sur la terre de France, dans le tonnerre des canons, le roulement continu des voitures, le gémissement des blessés, gisant çà et là, et la fumée des incendies. Mais Ferrant, ainsi que ses camarades, sentaient moins les souffrances de la guerre et celles de la fatigue, tant cette marche en avant, succédant aux affres de la retraite, leur donnait d'exaltation et d'enthousiasme.
Source : Gallica

Georges Dubois La défaite du Kronprinz en Argonne (1918)

Ferrant, malgré la fatigue qui l'écrasait, ne pouvait pas dormir. Il songeait à ses trois amis, tombés glorieusement pour la France en cette terrible et grandiose mêlée. Et il songeait aussi au lendemain, qui serait peut-être, pour lui, à son tour, le dernier jour.
Un peu avant l'aube, l'alerte fut sonnée. Sarrail n'était pas homme à ne point exploiter un premier succès; il voulait poursuivre sa victoire avant que l'ennemi se fût reformé.
Source : Gallica

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