Résumé

Jean Laguerre Cinq ans de la vie d'un zouave… (1891)

Après cinq jours de cette marche pénible, nous arrivâmes au pied de la ville de Constantine, qui est, ainsi qu'on le sait, élevée comme un nid d'aigle. La musique du régiment nous attendait, et nous donna par ses airs enlevants, un fier coup de main pour monter la grande rue nationale conduisant à la Casbah où nous devions caserner.
Dans cette Casbah, se trouvent d'immenses bâtiments : l'hôpital militaire, l'administration, l'arsenal, les casernes des zouaves, du génie, de l'artillerie, des tirailleurs. Tous ces monuments sont entourés de murs très épais.
Source : Gallica

Jean Laguerre Cinq ans de la vie d'un zouave… (1891)

Nous étions désignés pour aller à Constantine.
Je fus très satisfait car je commençais à m'ennuyer dans cette ville toujours si triste.
Mais avant de continuer mon récit, je dois relater un phénomène fréquent en Algérie et dont je fus témoin.
J'étais de faction un dimanche de deux à quatre heures, à une prison située à l'extrémité de la ville. Tout-à-coup le ciel s'obscurcit. Le soleil brillant d'un vif éclat auparavant ne paraissait plus que comme un disque éteint. Je prévins aussitôt mon chef de poste, un caporal qui avait douze ans de service et qui en avait bien vu d'autres.
Source : Gallica

Jean Laguerre Cinq ans de la vie d'un zouave… (1891)

Nos souffrances ne furent pas aussi vives qu'à l'aller. Moins de marches forcées, plus de repos, la joie de rentrer en caserne, tout contribua à les amoindrir. Quand, après cent vingt jours de marches nous arrivâmes à Constantine, nous étions relativement en bon état.
Notre entrée dans cette ville fut triomphale. Nous fumes reçus par les habitants avec un accueil des plus cordiaux.
Sur notre passage, nous entendions partout des cris de joie et des bouquets jetés des fenêtres nous tombaient dru sur la tête. Aussi ai-je vu des anciens zouaves avoir dans
les yeux des larmes d'attendrissement.
Source : Gallica

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