Résumé

évasion de Lambèse. Souvenirs d'un excursionniste malgré lui (1885)

Il fait très froid. Pluie et neige fondue, Les quatre forçats, mes inséparables, avec leurs blouses qui se collent au corps, avec leurs pantalons de toile usée, frissonnent sous le givre. A la grande halte, je les réchauffe d'un verre d'eaude-vie. Ces malheureux sont doux et polis. Ils ont achevé leur peine et purgé leur condamnation. C'est pour avoir quitté la résidence qui leur était assignée, pour avoir rompu leur ban qu'ils ont été arrêtés et qu'on les envoie au pénitencier de Lambèse.
— La surveillance ! me dit le plus vieux, autant condamner tout de suite un homme à vie !
Source : Gallica

évasion de Lambèse. Souvenirs d'un excursionniste malgré lui (1885)

Tout autour de nous, il nous semblait entendre causer les Arabes qui, malgré leur réputation, sont de grands bavards. Mais bientôt nous fûmes rassurés ; ceux qui nous inquiétaient étaient loin : ils travaillaient à la moisson dans la plaine et leurs voix nous arrivaient, portées par le vent.
La journée se passa longue et monotone. Le silence s'était fait dans la plaine ; nous sommeillions accablés par la lourde chaleur. Notre inaction forcée nous pesait ; nous n'étions encore qu'à trois ou quatre lieues de Lambèse.
Source : Gallica

évasion de Lambèse. Souvenirs d'un excursionniste malgré lui (1885)

Le régime auquel ils étaient astreints n'avait rien de gai, mais au moins n'étaient-ils pas décimés, comme dans la plupart des camps, par les fièvres paludéennes. Encore la légende ! c'est sur Lambèse que s'est concentrée toute l'horreur de la transportation politique en Algérie, et il n'y a pas dans les trois provinces de contrée plus saine. A la Bou-Rkika, les prisonniers tombaient par centaines, fauchés par la fièvre des marais, la fièvre des lauriers roses, et ce nom maudit est inconnu en France ! A peine si quelques transportés se le rappellent.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature