Résumé

Georges Kelb Le Fantastique en Anjou, une nuit terrible… (1862)

Rodolphe s' était croisé les bras et riait silencieusement , sans prendre même ce soin vulgaire de dissimuler à mes yeux l' expression et le motif de sa gaîté . Ceci ne pouvait être toléré davantage , et je devins brave par amour-propre . Je vis dans cette raillerie d' outre-tombe plus qu' un affront personnel ; je vis une lutte déclarée entre deux mondes : le monde surnaturel et le monde réel ; je vis un triomphe tenté par un mort sur un vivant , et je jurai qu' aucun spectre ne pourrait , à cause de moi , se vanter d' un avantage quelconque sur un homme de chair et d' os .
Source : Gallica

Georges Kelb Le Fantastique en Anjou, une nuit terrible… (1862)

Rien de triste ne s' offrait à mon esprit . Mon fouet claquait sans façon au milieu de la bourrasque et mêlait bravement son petit bruit au fracas des
éléments . Les arbres étaient pour moi des arbres , et les sifflements du vent , des sifflements de vent : cela peut-être ne serait pas arrivé à tout le monde . Je me lançais au grand trot , avec une aimable confiance , et au plus épais des ténèbres , sans penser seulement à allumer mes lanternes : et mon état mental ne me laissa point l' occasion d' apercevoir cet oubli .
Source : Gallica

Georges Kelb Le Fantastique en Anjou, une nuit terrible… (1862)

Nous ne tardâmes pas cependant à changer brusquement de route , et je pus voir que nous galopions avec la même vélocité au milieu d' une large et immense avenue dont je n' apercevais pas la fin . Des deux côtés s' élevaient deux gigantesques rangées d' ormes , dont les têtes ébranlées par le vent se balançaient en gémissant . A la clarté de la lune , leurs hautes statures projetaient mille ombres de toute forme sur le tapis de l' avenue : on
eût dit des précipices qui nous barraient la route .
Source : Gallica

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