Henri Este

Résumé

Henri Este La tasse à thé (1865)

Ah! petite Leï-li ! si chère à votre père, ne pouviez-vous boire votre thé dans une autre tasse?
Nous avons essuyé de terribles ouragans dans le détroit de Formose, mais la Fantaisie a supporté le mieux du monde les assauts des vents et des flots. Le capitaine Lecoq était tout fier de son navire, et, au plus fort de la tempête, il me demandait d'un ton passablement goguenard :
« Eh bien! monsieur, pensez-vous qu'un bâtiment anglais s'en tirerait mieux que la Fantaisie ?
— Non vraiment, répondis-je, la Fantaisie est une brave goélette. »
Source : Gallica

Henri Este La tasse à thé (1865)

II entre à Woo-sung de mille à douze cents caisses d'opium par mois ; chaque année, la proportion va croissant, et il y a tout lieu d'espérer que dans un demi-siècle, il n'y aura plus un Chinois dans tout l'empire qui ne se fasse un plaisir de s'empoisonner pour augmenter notre bien-être.
Nous ne sommes plus qu'à douze milles de Shanghaï, et notre goélette avance lentement à travers les jonques chargées de riz, les navires marchands anglais et américains, les barques de mendiants voyageurs et les longs bateaux débouchant des canaux qui arrosent les champs qui commencent à verdir.
Source : Gallica

Henri Este La tasse à thé (1865)

Cet homme s'agenouilla près de moi et attacha le boulet à mes pieds.
Je compris tout de suite : on m'avait dépouillé ; je n'étais plus bon à rien; on allait me jeter à la mer. J'aurais je crois préféré, à ce moment-là, être condamné à mourir de faim. Qui se chargera d'expliquer les bizarreries et les contradictions de l'âme humaine ?
Sa besogne faite, le bandit se releva et adressa humblement la parole au pirate : il lui demandait, sans doute, ses derniers ordres. Avant de lui répondre, le monstre prit la tasse de thé qui était devant lui et la porta lentement à ses lèvres.
Source : Gallica

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