Henri Pirenne,
Revue des Deux Mondes
“ J’essayai vainement d’expliquer au bourgmestre que les choses n’étaient pas aussi simples qu’il l’imaginait. Je lui parlai de l’Alsace-Lorraine et du militarisme. Il ne comprenait pas. Il me laissa entendre que je me moquais de lui quand je lui affirmai que ce qui révoltait la France c’était que les Alsaciens eussent été annexés malgré eux. « Mais puisqu’ils sont Allemands, répétait-il toujours, ils doivent appartenir à l’Allemagne ! » Évidemment l’idée qu’un peuple puisse disposer de lui-même lui était complètement inaccessible. Quant au militarisme, c’était peine perdue que d’en parler. ”
