Isabelle Eberhardt,
Contes et paysages
“ Entre la nomade et lui, l’abîme s’était creusé, plus profond que jamais. Pour le combler et, en même temps, pour se débarrasser à jamais de la malheureuse créature, il crut qu’il suffisait d’un peu d’or... Il tendit sa bourse à Yasmina... : — Tiens, dit-il... Tu es pauvre et malade, il faut te soigner. Prends ce peu d’argent... et adieu. Il balbutiait, honteux tout à coup de ce qu’il venait d’oser faire. Yasmina, immobile, muette, le regarda pendant une minute, comme jadis, là-bas, dans l’oued desséché de Timgad, à l’heure déchirante des adieux. ”
