Résumé

Portrait de Isabelle Eberhardt Isabelle Eberhardt Isabelle Eberhardt, ou, la Bonne nomade… (1913)

Le vendredi, qui est le dimanche des Musulmans, dès le matin, les femmes drapées et voilées de blanc, vont et viennent, humant les fleurs, cueillant des fruits et mangeant des confitures sur les tombeaux. Oui, j’aime l’Islam, d’un amour que je ne m’explique pas, mais qui bientôt, je le sens, me possédera jusqu’au fond du cœur. Et peut-être ma bonne maman n’est pas aussi folle que je le croyais, quand elle prétend que dans ses veines et, par conséquent, dans les miennes, coule un peu de sang musulman. Comment ne pas aimer une religion qui sait ainsi faire sourire la Mort ?
Source : Gutenberg

Portrait de Isabelle Eberhardt Isabelle Eberhardt Isabelle Eberhardt, ou, la Bonne nomade… (1913)

Enfant de l’amour, quand elle naquit dans la coquette villa de Meyrin, un Angelus égrenait sa plainte sur la colline génevoise, mais hélas ! c’était l’Angelus des exilés.
Certains biographes peu scrupuleux, non contents d’avoir mis la main sur son œuvre, ont encore, pour je ne sais quel motif, par ignorance peut-être, maquillé et tripatouillé tout ce qui touche à sa vie. Nous ne ferons pas comme eux. De même que nous éditons, sans en changer une virgule, l’œuvre qu’un hasard bien heureux mit en nos mains, de même nous dirons ici, sur sa trop courte existence, tout ce que nous savons de vérité.
Source : Gutenberg

Portrait de Isabelle Eberhardt Isabelle Eberhardt Isabelle Eberhardt, ou, la Bonne nomade… (1913)

Mektoub R’hibbi, murmurait-il encore en remontant, sans même s’enquérir de ses amis, vers Bab-Ménara, où logeait son père, l’amine.
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Il dormit peu, cette nuit ; et son sommeil fut plein de la Madalena.
Il revit sa beauté simple et superbe, illuminée par son génie sous le casque sombre de sa chevelure. Il sentit, sur les siens, la caresse de ses yeux de flamme.
Il entendit ses soupirs d’amour, ses cris de passion, et il savoura plus encore la joie de les savoir jetés pour lui seul, parmi la salle entière, frémissante. Et il pleura dans son rêve comme au théâtre.
Source : Gutenberg

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