Résumé

Jacques Jéramec La vie de Scarron ou Le rire contre le destin… (1929)

Rien n'est poignant comme la tristesse contenue dans ces simples lignes qui devaient signaler la dalle funéraire de ce martyr du rire :
« Celui qu'ici maintenant dort Fit plus de pitié que d'envie,
Et souffrit mille fois la mort Avant que de perdre la vie.
Passant, ne fais ici de bruit ;
Garde bien que tu ne l'éveilles,
Car voici la première nuit Que le pauvre Scarron sommeille. »
Quant à l'expression burlesque de ses volontés dernières, c'est encore une farce où l'on sent à peine dans quelques vers passer l'angoisse d'un moribond.
Source : Gallica

Jacques Jéramec La vie de Scarron ou Le rire contre le destin… (1929)

Quelquefois Françoise vient timidement entrebailler la porte, passe la tête curieuse d'une enfant mutine dans ce cloaque,
puis épouvantée par l'aspect horrifiant de la scène, se sauve en suffoquant, toussant et se signant, comme si elle venait d'esquisser une incursion en l'enfer.
Arrivé à ce point de décrépitude qui présageait une fin prochaine, au cours de ces longues séries de nuits sans sommeil, où l'acuité de la souffrance finissait par instants à égarer son cerveau, Scarron s'était remis à vouloir la guérison de toute son énergie farouche. Et à force de la vouloir il l'avait espérée.
Source : Gallica

Jacques Jéramec La vie de Scarron ou Le rire contre le destin… (1929)

Scarron intrigue pour n'être jamais la victime et le plus souvent possible son voisin. Son destin de vendeur de rire se dessine déjà : les autres lui passent souvent quelque rogaton pour qu'il veuille bien singer le Père dans sa fonction masticatrice. La grande joie c'est la lecture qu'il leur fait, sur un ton plus bas que celle qui se déroule officiellement, de quelque livre profane interdit, habilement dissimulé dans sa toque plate sur ses genoux.
Source : Gallica

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