Résumé

Portrait de Jean Hess Jean Hess La Catastrophe de la Martinique (1902)

Or, le volcan de la Montagne Pelée n’est pas éteint ; les fumées qu’il crache sont toujours vues de Fort-de-France, nous menacent toujours ; leur silhouette barre le ciel ; toujours nous pouvons nous demander si la mort que ces fumées portent dans leurs volutes magnifiques ne va point tomber sur nous.
Et la terre, sous nos pieds, nous ne la sentons point solide. Elle n’a pas tremblé ; mais elle frémit. Et ce frémissement agace, énerve, inquiète. Et lorsqu’on sait que, dans la dernière nuit de Saint-Pierre, il y eut frémissements semblables, on est effrayé.
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Portrait de Jean Hess Jean Hess La Catastrophe de la Martinique (1902)

Lorsque tout à coup, changement à vue. La montagne gronde et fume... d’ailleurs comme à l’ordinaire. Car il est très rare qu’elle « se repose » plus d’une heure ou deux. Mais les Américains voient les nuages de feu sur eux... et filent, abandonnant chevaux, voitures, tout... Dans la nuit, sans savoir où, sans s’inquiéter du chemin, sautant à travers les haies, dégringolant les ravins, franchissant les précipices, grimpant les côtes, ils vont, courent, bondissent... Ils sentent à leurs chausses le feu du volcan et, le feu au derrière, cela fait courir bêtes et gens.
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Portrait de Jean Hess Jean Hess La Catastrophe de la Martinique (1902)

Le sommet de la montagne est clair. À droite, le soleil montre de timides rayons qui viennent augmenter encore la blancheur tranchante de la cendre sur la verdure des arbres et des sommets.
La Nature est triste et monotone, aucun chant d’oiseau, aucun bruit que le mugissement des bœufs sauvages et les ronflements souterrains du sol de la Montagne.
Un phénomène curieux qui ne manquera de surprendre ceux de nos lecteurs qui n’ont pas été sur les lieux, est l’accès de plus en plus facile qui s’offre au fur et à mesure que l’on approche du cratère.
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