Jean Lander

Résumé

Jean Lander Le chemin de la vie (1881)

Elle sentait une distance énorme se faire entre elle et Ferdinand. Elle venait de sentir que sa voix ne parlait plus à son cœur et presque plus à son esprit.
— Il s'égare, pensa-t-elle.
Il y a vraiment des moments dans la vie où il semble que ceux que nous aimons, s'égarent! Nous les entendons s'éloigner; leur voix ne parvient plus à notre cœur et nous ne pouvons plus nous faire entendre.
En vain nous les appelons, ils s'éloignent, ils ne nous entendent plus ; entre eux et nous la distance se fait énorme et l'obscurité profonde. Une angoisse terrible agite notre âme.
Source : Gallica

Jean Lander Le chemin de la vie (1881)

Dans ce momentlà, j'ai désiré me sauver et vivre pour cette vie calme et bonne que tu as adoptée depuis que tu connais Madeleine.
— Et Marine? ajouta Julie.
— Et Marine aussi, si tu le veux, reprit Ferdinand. Croyant mourir, j'ai regretté ton cœur, et j'ai compris que je ne t'avais pas assez aimée. Il ne faut pas oublier cet instant fugitif et terrible où, en présence de la mort, on regrette de n'avoir pas apprécié telle chose, et où on regrette d'avoir trop tenu compte de telle autre.
Je t'aime, j'aime cette maison, j'aime
ceux que tu as obligés, j'aime ceux que tu aimes.
Source : Gallica

Jean Lander Le chemin de la vie (1881)

Julie fut avertie profondément que quelque chose de triste arrivait dans sa petite maison.
Les avertissements profonds sont ceux que l'on écoute le moins. La voix intérieure est celle qui crie dans le désert.
Si on avait dit à Julie :
«Méfiez-vous, Mme Beauvoisin n'a l'air que d'une femme sotte et légère, mais la légèreté et la sottise sont toujours dangereuses, » elle eût prêté une grande attention à cet avertissement.
Mais l'avertissement lui vint du fond du cœur : la voix secrète. Cette voix s'éleva doucement dans le silence de l'âme et Julie ne l'écouta pas assez.
Source : Gallica

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