Jean Marteilhe

Résumé

Jean Marteilhe La vie aux galères

Au bout de trois mois d’hôpital, je me trouvai gros et gras comme un moine, et le chirurgien-major m’ayant donné une attestation de sa main, comme quoi j’étais, par mes blessures, rendu incapable de la rame et autre travail des galères, je fus renvoyé sur la galère dans mon banc ordinaire.
La campagne d’ensuite, en l’année 1709, au mois d’avril, les galères armèrent. Le comite fit la classe de ses forçats chacun dans leur banc. Il y a six forçats à chaque rame. Le plus fort et vigoureux est toujours vogue-avant, c’est-à-dire le premier de la rame et qui a le plus de peine.
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Jean Marteilhe La vie aux galères

Cela étant fait, qu’on se représente toute la chiourme, qui s’assied dans leurs bancs sur le pédagne, de sorte qu’il ne paraît d’un bout de la galère à l’autre que des têtes d’hommes en bonnet rouge. Dans cette attitude, on attend les seigneurs et dames qui, entrant un à un dans la galère, reçoivent le salut de la chiourme par un cri rauque et lugubre de hau. Ce cri se fait par tous les galériens ensemble sur un coup de sifflet, de sorte qu’on n’entend qu’une voix. Chaque seigneur et dame reçoit un hau pour salut, à moins que leur qualité ou leur caractère ne demande une distinction.
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Jean Marteilhe La vie aux galères

Il y a cinq sortes de personnes sur les galères, qui y sont en qualité de forçats, écrit Bion, ancien aumônier de la galère La Superbe, savoir : des Turcs, des faux-saulniers, des déserteurs, des criminels et des protestants. Les Turcs sont des esclaves que le roi achète pour aider à manier la rame... Ces Turcs sont, pour l’ordinaire, de grands hommes bien faits et robustes : ils sont les moins malheureux de toute la chiourme... Un Turc aux galères est un esclave à perpétuité à moins que, lorsqu’il est vieux, il ne trouve des patrons qui lui procurent la liberté à prix d’argent.
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