“ Il était d'une blancheur si éblouissante que j'avais peine à le regarder.—Mais il n'est pas si horrible, ton rêve, fit la baronne en souriant.—Attends, grand'mère, fit la jeune fille. Tout à coup, reprit-elle, je vis la tige du lis grossir, devenir semblable à un corps de femme et prendre la couleur de la chair.En même temps, la fleur se métamorphosait aussi, avait pris un visage humain: je vis que le visage me ressemblait.Le lys, c'était moi.—Je t'ai souvent, en effet, dit la baronne, comparée à un beau lys.—C'est pour cela, en effet, fit Laurence, que j'ai fait ce rêve. ”
Résumé
“Le lys noir”, est une œuvre de Jules de Gastyne. Des thèmes tels que madame de Frémilly, la grand'mère ou Laurence y sont abordés.
Citations de Le lys noir (Jules de Gastyne)
“ La baronne, épouvantée, se signa involontairement.Et Laurence n'eut pas la force de pousser un cri que la souffrance allait lui arracher.Elle devint plus blême et resta comme foudroyée.—C'est la colère de Dieu, dit l'implacable baronne, qui tonne sur ta tête coupable!Laurence répéta:—Je vais mourir, grand'mère, je vais mourir. Ayez pitié de moi!—Dis-moi que c'est lui!—Non, jamais.—Oh! qu'il soit maudit, lui et ses enfants jusqu'à la dixième génération!Et madame de Frémilly étendit au-dessus de la tête de sa petite-fille sa main droite et décharnée, qui semblait commander à la foudre. ”
“ Nous partirons demain avant le jour, en nous cachant comme des voleuses, moi, la baronne de Frémilly, toi, ma petite-fille, et nous vivrons obscurément, dans quelque maison isolée, comme le médecin me l'a conseillé, jusqu'à ce que tu sois délivrée.—Délivrée!—Quant à l'enfant qui naîtra, il sera élevé loin de nous.—Je ne sais pas, grand'mère, dit Laurence, qui s'était ressaisie un peu, et que cette injustice qu'on mettait à l'accabler avait à la fin révoltée, je ne sais pas, comme vous le dites, si j'aurai un enfant, et de qui sera cet enfant; mais, né de moi, il ne me quittera jamais! ”
“ Laurence leva vers madame de Frémilly ses yeux emperlés de larmes et demanda naïvement:—Tu crois, grand'mère?—J'ai souffert plus que tu ne souffriras jamais, ma pauvre chérie.—Toi, grand'mère?—Si tu connaissais ma vie! Mais c'est cette vie précisément que je voudrais t'éviter. Quand on épouse un homme sans conscience, vois-tu, il faut s'attendre à toutes les misères, à toutes les tortures. Toi, du moins, tu ne l'as pas épousé. Tu n'es pas sa femme, sa chose. Tu n'es pas liée à lui pour la vie ... liée pour la vie, comprends-tu, Laurence? ”
“ Aux félicités surhumaines?—Certainement, Laurence est jolie.—Ce n'est pas parce qu'elle est jolie que j'étais fou, mais parce que je l'aime. Tu ne comprendras jamais cela, Mareuil, car tu ne l'aimes pas, toi, tu n'aimes pas.—Et je n'y tiens guère, si l'amour devait me rendre aussi insensé.Il se fit un silence.Jacques de Brécourt semblait tout à son extase. On eût dit qu'il avait devant lui la vision de l'image radieuse qu'il venait d'évoquer et que son être tout entier adorait.Jamais amour si sincère, si ardent et si pur n'avait peut-être encore embrasé une âme humaine. ”
“ Noémie s'approcha, et, à mi-voix, pendant que Daly jouait:—Vous pensez à lui?Laurence tressaillit.Et elle répondit vivement:—J'ai chassé son image de mon coeur, comme vous l'avez chassée vous-même.—Pourtant, s'il vous aimait et si vous le saviez.—Il vous a trahie. Il me trahirait aussi.Noémie ne répondit pas.Le secret vint à ses lèvres.Elle fut sur le point de tomber à genoux et de crier:—Ce n'est pas vrai!... Je vous ai menti!... Il ne m'a pas trahie!... Il ne me connaît pas! Cet enfant n'est pas son fils. Aimez-le! il est digne de vous! ”
“ Et comme malgré elle Laurence se disait:—C'est son fils! la chair de sa chair. Et il l'a abandonné. Il n'a pas donc de coeur? Il ne m'aurait donc pas aimée, moi qui l'aimais tant, et qui l'aime tant encore? Ce petit grandira sans son père, sans savoir même de qui il tient la vie. Il sera malheureux, livré à tous les hasards. Et l'autre, insouciant, vivra loin de lui sa vie heureuse, sans plus se préoccuper du pauvre petit être que s'il n'avait jamais existé.Etait-ce possible, cela! Et, était-ce Jacques qu'elle pouvait soupçonner capable d'une telle indifférence, d'une telle cruauté? ”
“ Madame de Frémilly la prit dans ses bras, serra sur son coeur la tête adorée de l'enfant, si jolie ... et sur laquelle les larmes mettaient une rosée, comme une belle fleur épanouie à l'aube.Et elle murmura doucement à son oreille:—Tu m'en veux? Et je t'ai fait de la peine ... beaucoup de peine?La douairière ajouta:—C'était pour ton bien, ma chérie.—Oui, dit Laurence, je le sais, et je ne t'en veux pas, mais cela ne m'empêche pas de souffrir.—Et tu souffres?—Beaucoup, autant qu'on peut souffrir.—Pauvre mignonne! fit la grand'mère, violemment émue. ”
“ Se tournant vers Jacques.—Viens, lui dit-il, te défendre d'un crime dont cet homme t'accuse! Viens lui dire toi-même qu'il a menti en prétendant que tu lui en avais fait l'aveu, et vois s'il ose redire devant toi ce qu'il m'a dit à moi et ce qu'il vient de dire à madame de Frémilly: que c'était toi qui avais déshonoré sa petite-fille.—Infamie! dit Jacques.Et s'adressant à Régulus, inerte et comme mort:—Dis la vérité, misérable, dis-la, et dis-moi le nom de celui qui a commis l'acte infâme! Nomme-moi le coupable et je te pardonnerai! ”
“ Si elle veut des nouvelles de son fils, elle nous en demandera. Peut-être est-elle heureuse d'en être débarrassée.—Une mère!—Est-ce qu'on sait? fit madame de Frémilly. On voit, dans la vie, ma pauvre enfant, tant de choses faites pour surprendre un coeur simple et droit comme le tien!—Ce n'est pas beau, la vie, dit Laurence, qui, pour la première fois peut-être, la voyait sous ses vilains côtés, avec ses trahisons, ses brutalités et ses mensonges.—Pas toujours, en effet, fit madame de Frémilly.Puis elle dit:—Il faudrait habiller le petit. Je vais sonner Agathe. ”
“ Noémie ne savait plus que dire.Aucun mot ne lui venait plus.Mais à ce moment ses yeux tombèrent sur Laurence de Frémilly.Elle la vit pâle, souffrante, très affaiblie.Et elle eut peur.Si le crime du monstre avait laissé ses traces, mis dans le sein de cette enfant les preuves de la souillure involontairement subie!Un long frisson la traversa.Elle serait là. Peut-être aurait-on besoin d'elle un jour, de son témoignage, et peut-être pourrait-elle rendre service à celles qui se montraient si bonnes pour elle et pour son fils.L'enfant dormait toujours.Il était dans son premier sommeil. ”
“ Il ne peut pas t'abandonner comme il a abandonné l'autre femme qu'il a quittée pour toi, en te laissant un fils sans nom!—M. de Brécourt, ma mère, dit Laurence, n'a aucune faute à réparer. Il n'a pas cessé, quoique m'aimant ardemment, de m'entourer du plus profond respect.—Alors, fit la grand'mère, je ne comprends plus.Laurence porta les mains à ses yeux et se mit à pleurer.—Ah! grand'mère, s'écria-t-elle, je n'oublierai jamais que vous avez douté de moi!—Laurence! s'écria la baronne.Et elle se jeta sur sa petite-fille, qu'elle serra dans ses bras avec une sorte d'emportement. ”
“ Laurence secoua la tête mélancoliquement.—Moi, dit-elle, je n'aimerai plus, personne.Elle ajouta avec un sentiment d'amertume inexprimable:—Ma vie est finie désormais.... Je resterai là-bas où je vais ... dans la solitude où vous me conduisez ... et j'y vivrai parmi les paysans et les bêtes ... on ne verra plus dans le monde mademoiselle Laurence de Frémilly....La grand'mère sourit légèrement.—Il n'est si grand chagrin que le temps n'efface, murmura-t-elle.—Le mien, dit Laurence, ne s'en ira jamais!Madame de Frémilly n'insista pas. ”
“ Régulus leva sur Mareuil des yeux où se lisait une épouvante.Mais il répliqua néanmoins, assez fermement, payant d'audace.—Oui, monsieur. Vous ne vous êtes pas trompé....—Eh bien! cria Mareuil, vous avez proféré là, monsieur, un odieux mensonge!Régulus eut un sursaut violent.Sa lividité s'accrut encore, et ses lèvres tremblèrent.—Monsieur!Madame de Frémilly eut un geste effaré.Mareuil poursuivit:—Je ne sais pas dans quel but, monsieur, vous avez menti. Mais j'affirme que vous avez menti!—Comment le savez-vous?... Ce n'est pas M. de Brécourt, je suppose, qui vous l'a dit? ”
“ Son devoir à elle, grand'mère, qui avait l'expérience de la vie et qui en avait tant souffert, était de veiller sur le bonheur de sa petite-fille, de la garder contre des déboires trop certains, et dont elle avait connu si cruellement l'amertume!Et la douleur même de Laurence la raffermissait dans la résolution qu'elle avait prise de la séparer d'un homme indigne d'elle, car cette douleur même lui montrait combien était violente la passion qui la possédait, et combien elle en souffrirait, puisque, dans la pensée de madame de Frémilly, cette passion devait nécessairement être malheureuse. ”
“ Deux heures se passèrent, deux heures terribles, deux heures mortelles pour madame de Frémilly, sans que Laurence fût revenue de son évanouissement.Etait-elle donc morte? N'y avait-il plus d'espoir?La malheureuse grand'mère ne savait plus que faire, que tenter. Et pas de médecin. Personne. Elle sentait que la folie la gagnait. De temps en temps, elle se jetait sur le corps insensible.Et elle criait, dans son égarement, sans savoir ce qu'elle disait:—C'est moi, ma chérie, moi qui te parle, ta grand'mère. Ecoute-moi! Réponds-moi! Ne meurs pas. Ne me cause pas le chagrin de mourir. ”
“ J'adorais Laurence, docteur. J'avais foi en elle. Elle me paraissait si noble et si pure!... Je la comparais souvent à un beau lis, dont elle avait l'élancement et la blancheur. Ah! le rêve! le rêve!—Un rêve!—Un rêve affreux, qu'elle a fait une nuit. Le lis était devenu tout noir!...La baronne s'arrêta, comme accablée sous le poids de ses pensées.—Puis elle reprit:—Ce qui m'est le plus pénible, docteur, ce qui m'est plus cruel que tout encore, c'est la duplicité de cette enfant, que j'ai entourée de tendresse, c'est son hypocrisie! ”
“ Mais que je la voie! supplia le malheureux, dont les yeux s'étaient voilés de larmes.—Mon devoir, dit madame de Frémilly, mon devoir de grand'mère et de mère, puisque Laurence n'a plus d'autre mère que moi, est de vous empêcher d'approcher d'elle.—Mais pourquoi?—Parce que votre vue ne peut qu'augmenter le mal dont elle souffre.—Elle ne m'aime donc plus?—Hélas!—Pourquoi nous séparer, si elle m'aime toujours.—Parce qu'il faut tuer en son coeur cet amour, qui ne peut être pour elle que fatal, et qu'elle cherche à le tuer elle-même. ”
“ Puis, s'adressant à Laurence:—Vous ne vous ennuyez pas un peu ici, mon enfant, surtout à cette saison?—Je ne m'ennuie jamais, madame, répondit la jeune fille, quand je suis auprès de ma grand'mère.—Vous ne regrettez pas Paris et ses fêtes? Paris est superbe, à cette époque. Je m'en souviens. Lorsque j'avais votre âge, j'habitais Paris. Nous ne passions pas une soirée à la maison. Quand ce n'était pas jour d'Opéra, nous avions les dîners, les bals.—Même à Paris, dit la baronne, nous sortions peu, Laurence et moi.—Vous n'aimez pas le monde? ”
“ Tout de suite, Noémie alla vers Jacques de Brécourt:—Vous cherchez, dit-elle, le misérable qui a flétri, pendant son sommeil, l'innocence de mademoiselle de Frémilly?Elle montra Régulus, hébété et blafard, et dit:—Vous l'avez devant vous.—Lui!—Lui. Il m'a tout avoué.Régulus fit un geste, comme pour se jeter sur son ancienne maîtresse, renfoncer dans sa gorge les accusations qui allaient en sortir et achever de le perdre.Mais celle-ci l'écarta dédaigneusement.—Ah! tu ne m'empêcheras pas de parler! Tu ne m'empêcheras pas de tout dire! ”
“ Madame de Frémilly regardait l'enfant, qui dormait paisible en sa voiturette, près de sa mère en pleurs, inconscient des douleurs qui saignaient autour de lui.Ses yeux semblaient dire:—C'est pour lui surtout que c'est un malheur, pour ce pauvre petit être qui va rester sans protecteur et sans nom.Laurence lut sur ses traits cette pensée, et elle y répondit:—Je vivrai pour lui désormais, pour lui seul. Que m'importe maintenant ce qu'on pourra penser?Je ne le quitterai plus et ne le cacherai plus. Demain, si vous le voulez, grand'mère, nous retournerons à Marconnay. ”
“ Madame de Frémilly s'approcha du lit.—Il faut être raisonnable, mon enfant.—Je ne veux pas, dit Laurence, sacrifier mon enfant. Je veux que mon enfant vive!—Il vivra, je te l'affirme.—Et moi je veux mourir!—Mais tu ne mourras pas non plus.—Si, je veux mourir. Pourquoi vivre maintenant? Vous me haïssez. Tout le monde me haïra. Personne ne me croira. Je veux mourir!Et elle se débattait au milieu des souffrances plus vives, secouant la tête comme si elle eût voulu la briser contre le bois du lit.La grand'mère s'efforça de la retenir et de la calmer. ”
“ C'est parce que je le savais ainsi, parce qu'on m'avait appris ses trahisons, que je n'avais pas voulu lui donner ma petite-fille. Ah! si Laurence voulait m'écouter, avoir foi en moi, nous irions vivre toutes les deux loin des hommes, et quand je ne serais plus, elle irait dans quelque cloître, à l'abri des passions, finir une vie désormais vouée au malheur.—Et son enfant?—Dieu veillerait sur lui!—Non, dit le médecin, cela n'est pas sérieux, cela n'est pas raisonnable, cela n'est pas humain.—Ce qui n'est pas humain, c'est de me faire souffrir ce que je souffre! ”
“ Cependant le travail continuait, aidé par le médecin, au milieu des coups de vent qui par instants se ruaient sur les fenêtres qu'ils faisaient crier lamentablement, au milieu des assourdissantes clameurs de la mer soulevée, qui emplissaient au dehors la nuit de tumulte et de bruits.Une heure se passa, qui sembla durer un siècle dans l'angoisse grandissante; et au fond de l'assoupissement lourd où la souffrance la maintenait, Laurence entendit le médecin dire à voix basse à sa grand'mère:—C'est l'enfant qu'il faut sacrifier, n'est-ce pas? ”
“ Il avait peur que mademoiselle de Frémilly n'eût eu, malgré le sommeil dans lequel elle était plongée, conscience de ce qui s'était passé et ne dénonçât à sa grand'mère la félonie de leur hôte.Il voulait être loin avant qu'elles fussent levées.S'il n'avait pas de remords, il ne pouvait secouer une sorte de terreur qui pesait sur lui. Cette terreur dont ne peut se défendre, son forfait commis, le criminel le plus endurci, terreur instinctive et en quelque sorte mystérieuse, faite à la fois de la crainte des châtiments humains et des représailles célestes. ”
“ Régulus semblait sincèrement indigné. Son geste menaçait, sa voix tonnait, son regard foudroyait.On eût dit l'honnête homme que la fourberie révolte, que le mensonge met hors de lui.—J'avais été mis au courant, reprit-il en se calmant un peu, de l'amour de Jacques pour mademoiselle de Frémilly, votre petite-fille, et des projets de mariage déjà avancés, quand survint la brusque rupture dont mon pauvre ami n'a jamais connu le motif, et que je n'ai appris moi-même que plus tard, presque à l'heure même où j'apprenais sa mort, trop tard, par conséquent, pour le lui faire connaître. ”
“ Laurence sursauta.—Le criminel?Et aussitôt:—On le connaît donc?Madame de Frémilly inclina la tête sans répondre.—On le connaît?—Il était ici tout à l'heure.—Dans la maison? Et vous l'avez, grand'mère, laissé partir?—Il est parti avec M. Mareuil. Ils vont se battre.—Se battre! Et Jacques sait?...—Jacques sait tout. Il était là.—Grand Dieu! Et ce misérable, je le connais, grand'mère?—Tu l'as vu.—Je l'ai vu. Et c'est pendant mon sommeil?...—C'est pendant ton sommeil, une nuit, là-bas, à Marconnay.Laurence tressaillit violemment.—Je sais, grand'mère, je sais. J'en ai eu le soupçon. ”
“ Et madame de Frémilly leur cria, affolés:—Un médecin, vite! vite!—Mademoiselle est malade?—Oui, allez!Mais déjà Laurence avait ouvert les yeux. Une légère rougeur colora ses joues.... Elle entoura en pleurant le cou de sa grand'mère.—Ah! grand'mère, grand'mère! gémit-elle. Elle ne pouvait pas dire autre chose.... Elle ne trouvait pas de mots pour exprimer ce qu'elle ressentait, pour dire l'intensité de sa douleur.La grand'mère, qui mêla ses larmes aux siennes, dit:—Pleure, mon enfant, pleure, ma petite-fille, cela te fera du bien.—Je l'aime tant! soupira la malheureuse. ”
“ Quand Mareuil et Régulus furent partis, Noémie tomba à ses pieds et aux pieds de Jacques.—Vous ne me pardonnerez jamais, dit-elle, car vous ne savez pas encore qui je suis. C'est moi, misérable femme, qui suis la cause de tous vos malheurs. C'est moi, qui me suis présentée chez madame de Frémilly, envoyée par cet homme, pour lui dire que j'étais votre maîtresse, que vous m'aviez abandonnée sans ressources, avec un enfant, et qui ai montré à madame de Frémilly, comme preuve de ce que j'avançais, une photographie. ”
“ Et je ne veux pas qu'elle meure, moi, monsieur de Brécourt; c'est ma vie, et plus que ma vie, c'est ma petite-fille, deux fois ma fille!—Rien ne pourra donc vous toucher? Ni mes protestations, ni mes larmes; car je pleure, vous le voyez. Je pleure, moi, un homme que vous croyez blasé, flétri par la débauche. Je pleure comme un enfant. Et je ne croyais pas qu'il fût possible de souffrir ici-bas ce que je souffre. S'il y a un enfer, c'est un châtiment pareil au mien, être séparé de ce que l'on aime, que les damnés doivent subir. ”
“ Il semblait avoir envie de pleurer.—Il n'est pas habitué à voir du monde, dit Régulus. Il passait sa vie enfermé dans un petit cabinet obscur. La mère avait besoin de travailler.—Pauvre petit! murmura Laurence, attendrie.Et elle pensa à Jacques, à Jacques qui avait délaissé son fils, et une pierre se détacha de l'autel qu'elle avait élevé dans son coeur à son idole à son dieu!Elle commença à douter du coeur de l'homme aimé.C'était assurément ce que Régulus voulait, et ce que madame de Frémilly, pour d'autres raisons, avait espéré. ”
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