Résumé

Portrait de Jules-Émile Planchon Jules-Émile Planchon Le Morcellement de l'espèce en botanique

Pour nous, qui reconnaissons à tous les systèmes le droit de se produire et de se défendre, nous restons fidèles à l’esprit moderne en considérant les individus comme des êtres, et l’espèce, le genre, comme de pures conceptions de la pensée, ce qui n’exclut pas du reste l’idée d’un plan idéal et de types rationnels cachés sous les phénomènes, mais ce qui n’enferme pas d’avance la pensée du créateur dans les cadres inflexibles d’entités immutables. La loi de mutabilité des formes sensibles, le transformisme est aussi compatible avec un plan divin que l’est la loi de l’immutabilité.
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Portrait de Jules-Émile Planchon Jules-Émile Planchon Le Morcellement de l'espèce en botanique

Ce qui fait qu’un être existe, qu’il est soi et non un autre, ce qui le détermine, c’est sa forme : toute substance n’est donc autre qu’une forme essentielle, c’est-à-dire un type, une espèce... Toute forme est représentée et reproduite numériquement dans le monde à l’état d’individu et avec une certaine figure ; le monde n’offre donc à nos yeux que des individus chez lesquels la forme spécifique se trouve unie à la forme individuelle ou principe d’individualité qui les distingue entre eux et fait que l’un n’est pas l’autre.
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Si chaque race en effet n’est qu’une espèce domestiquée, l’espèce humaine elle-même devient multiple, et M. Jordan, polygéniste à outrance en botanique, est logiquement forcé de l’être en zoologie, ou, si l’on veut, en anthropologie. Il croit échapper à ce danger en acceptant pleinement l’idée de race chez l’homme, tandis que toutes les fois qu’il parle de races de plantes, c’est avec l’idée formellement exprimée ou sous-entendue qu’il s’agit de véritables espèces.
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