Résumé

Le congrès des législateurs du monde… (1820)

Quoi qu'on en ait pu dire, l'homme est bien loin de tendre vers l'égalité, qui, pour ce monde, n'est pas plus dans sa destination morale que dans sa nature physique. S'il l'invoque, c'est dans le désespoir de ne pouvoir satisfaire ce désir de s'élever, qui le tourmente sans cesse. Elle tue la liberté, avec laquelle on veut si souvent lui faire faire une alliance impossible. Plus on s'en rapproche, plus on se charge de chaînes, plus
chacun devient le tyran de son semblable, à moins qu'on ne tombe tout-à-fait sous la tyrannie d'un seul, que l'on finit par trouver préférable.
Source : Gallica

Le congrès des législateurs du monde… (1820)

Pousser trop loin l'étude des unes tue les lumières véritables, et la pratique des autres perd la morale des nations. On opère sur de la matière, on calcule la durée et la fin de tout, l'esprit se rabaisse et ne voit plus que de la matière et des choses qui finissent.
Le matérialisme et l'athéisme sont nés de l'infatuation des connoissances physiques, et l'égoïsme est presque toujours le fruit d'une étude trop exclusive des mathématiques. On s'accoutume à tout calculer, même ses affections, et alors elles ne peuvent pas être bien vives pour d'autres que pour soi.
Source : Gallica

Le congrès des législateurs du monde… (1820)

Si l'opinion publique est mauvaise , il faut savoir y résister, la combattre même. Il n'est personne qui n'en ait l'obligation quand il en a les moyens ; et c'est le premier devoir des rois.
L'opinion publique qu'il faut écouter et respecter, est celle qui n'est pas née du jour et de quelques circonstances, mais , on le répète , d'habitudes , d'usages , de préjugés, si l'on veut, qui ont été sanctionnés par le temps.
Celle dont il faut se défier, est celle qui est marquée du sceau de l'innovation, qui s'annonce
par l'inquiétude, la tourmente des esprits.
Source : Gallica

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