Résumé

Le suffrage universel rationnalisé par M. J. B. Lachaume… (1878)

Si donc il est permis à l'individu de garantir de toute atteinte, par le suffrage, ce que le pacte social lui a réservé d'individualité naturelle, il est évident que la propriété, agent social moralisateur auquel son existence est attachée, doit avoir, a plus forte raison, le même moyen de défense, le suffrage, dont elle pourrait être victime dans un moment d'aberration de l'esprit public. Mais la propriété étant un être abstrait ne peut voter elle-même; à qui confiera-t-elle son mandat électoral? A celui qui a le plus d'intérêt a le bien remplir, naturellement à celui qui la possède.
Source : Gallica

Le suffrage universel rationnalisé par M. J. B. Lachaume… (1878)

La protection morale dont on la couvre est insuffisante. On oublie trop que le moyen le plus sûr d'intéresser l'homme à bien faire, c'est de le placer dans l'impossibilité de faire le mal.
Aussi le mode de suffrage universel dont la Révolution de février 48 nous a pourvus, est-il un contre-sens social plein de dangers, les faits l'ont démontré ; il n'a pas de raison d'être en France, où s'agitent tant d'intérêts distincts et opposés ; absolu, il blesse la véritable égalité qui, en bonne justice, doit y être relative.
Source : Gallica

Le suffrage universel rationnalisé par M. J. B. Lachaume… (1878)

Deux forces sollicitent également l'homme en sens inverse. C'est, d'un côté, la force d'agrégation sociale; c'est, de l'autre, la force liberté, force de désagrégation , d'indépendance sociale. La force agrégation a pour cause le sentiment de faiblesse, d'infériorité , de défiance, qui s'empare de l'homme lorsqu'il est isolé, et qui le pousse à se rapprocher de ses semblables, à unir avec leur action et leur volonté son action et sa volonté, afin de surmonter plus facilement les obstacles que la main de fer du destin oppose à la satisfaction de ses besoins.
Source : Gallica

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