Résumé

Considérations philosophiques sur le suffrage universel… (1849)

Nous invoquons le droit collectif, le droit de la société supérieur à tous les droits. A qui ferez-yous croire et croyez-vous vous-mêmes que la société n'ait pas le droit de vivre? Et ne perdez pas de vue qu'il s'agit ici d'une vieille société s'affaissant sous le poids de la civilisation; d'une société constituée désormais sur de telles bases, qu'elle n'arriverait pour ainsi dire qu'en traversant le tombeau à l'existence que vous prétendez lui imposer. Nous ne saurions trop insister : l'égalité politique absolue ne
peut se comprendre, n'est possible qu'à côté de l'égalité sociale absolue
Source : Gallica

Considérations philosophiques sur le suffrage universel… (1849)

Mais à mesure qu'un peuple se civilise, les besoins d'opinion, aussi impérieux et plus difficiles à satisfaire que ceux de première nécessité, se multiplient comme les écarts de l'esprit ; l'égalité sociale primitive s'altère; les classes se forment ; les intérêts, autrefois confondus, se séparent, se heurtent en se compliquant; et les notions du juste et de l'injuste, du droit et du devoir, s'obscurcissant de plus en plus, passent des moeurs, où elles se perpétuaient pour ainsi dire sans culture, dans les lois positives qui les maintiennent à grand'peine par la crainte des châtiments.
Source : Gallica

Considérations philosophiques sur le suffrage universel… (1849)

Une loi de Solon privait des prérogatives du citoyen celui qui, en temps de discordes civiles, ne se rangeait pas ouvertement dans l'un des partis. L'importance d'une pareille loi ressort d'elle-même : lorsque les méchants courent aux armes, si les bons restent chez eux, tout est perdu! Or la lutte électorale est une véritable guerre de parti à parti qui peut avoir pour résultat le salut ou la perte de la république. Nous proposons en conséquence qu'une peine afflictive et infamante soit décernée contre le citoyen qui s'abstiendrait de voter.
Source : Gallica

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