Lefèvre-Pontalis

Résumé

Lefèvre-Pontalis Revue des Deux Mondes

Le droit à la liberté sous caution ne peut être refusé qu’aux prévenus de trahison, de meurtre, d’incendie, de vol, si le vol est flagrant, et à ceux qui sont mis en accusation pour un crime. Toutefois les juges de la cour du banc de la reine ont le pouvoir d’admettre à caution tout prévenu ou tout accusé, quel que soit le crime qui lui est imputé. La loi anglaise n’oppose jamais à la liberté sous caution un obstacle insurmontable, et, sauf exception, elle la reconnaît non comme une faveur que le prévenu doit solliciter du magistrat, mais comme un droit qu’il est maître de réclamer.
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Lefèvre-Pontalis Revue des Deux Mondes

Le code d’instruction criminelle n’amoindrirait pas la dignité de la magistrature en reproduisant la même disposition, quand la liberté du citoyen est également en jeu. La dignité de la magistrature est plus compromise lorsque la faute d’un juge, si préjudiciable qu’elle soit, ne peut être réparée, même par des dommages-intérêts, et lorsqu’une cour saisie d’une demande de prise à partie, hors des cas de dol ou de fraude, est obligée de regretter, ainsi que le témoigne plus d’un arrêt [7] , que le silence de la loi ne lui permette pas de donner à la partie plaignante une juste satisfaction.
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Trouver, sans faire appel à aucune passion, l’écho de sa pensée et de sa parole même au milieu des ateliers et au fond des fermes des campagnes, quelque obscure que soit la destinée de ceux auxquels on s’adresse, c’est là, au milieu de bien des épreuves de tout genre, la récompense qu’il est doux pour un candidat de pouvoir recueillir : participer à l’appréciation de ses actes ou de ses promesses, avoir sur lui un droit d’examen, de contrôle et de jugement, c’est là aussi la jouissance réservée à tous les citoyens.
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