“ Ils étaient dans toute la force de l’âge, Jean de Witt ayant à peine atteint sa quarante-septième année, et le ruard sa quarante-neuvième. Doués l’un et l’autre d’un esprit élevé, d’une ame ferme, d’un rare désintéressement et d’un inflexible courage, ils aimaient par-dessus tout leur patrie. ”
Jean de Witt
Définition et enjeux
Citations sur “Jean de Witt”
Augustine Bulteau,
Un voyage. Belgique, Hollande, Allemagne…
“ Et Corneille de Witt fut jeté dans cette prison, mis à la torture sur ces planches sinistres... Malgré la sagesse, la calme et haute raison, l’habileté dont il témoigna tant de fois, la longue figure de Jean de Witt, son grand nez, la rêverie très particulière du regard, conservés par ses nombreux portraits, donnent l’impression d’un être chimérique. Et ne fut−il pas chimérique, en effet ? Il croyait qu’avec la puissance des paroles on arrête les hommes travaillés par le goût des conquêtes ; que les paroles peuvent, de l’ennemi du jour faire l’ami du lendemain ”
Robert de la Sizeranne, Revue des Deux Mondes
“ La catholique cherche à toucher de son crucifix, Jean de Witt, pour le convertir ; la protestante se cache sous un masque. Cependant qu’un homme debout, la main sur l’épaule du Grand Pensionnaire, n’attend que le moment où Jean de Witt sera tout à fait mort pour endosser la cuirasse tombée et chasser tous ces intrus de l’hôtel de ville d’Utrecht, où ils sont venus comploter la ruine de la patrie : c’est le prince d’Orange, capitaine général et futur sauveur des Pays-Bas. ”
“ Heureusement les Provinces-Unies trouvèrent alors dans le prince d’Orange un homme supérieur, dont les qualités n’étaient pas au-dessous de leurs périls. Jean de Witt l’avait fait élever avec soin, afin qu’il pût servir dignement sa patrie, si les évènemens ou la faveur populaire le donnaient un jour pour chef à la république. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Salaün Lebrenn et son fils Nominoë, entrant sur les pas de Serdan, ne purent contenir ni cacher leur émotion à l’aspect de Jean de Witt, ce grand citoyen de qui la renommée était parvenue jusqu’à eux, et qu’ils admiraient et révéraient plus encore depuis que, dans leurs nombreux entretiens avec Serdan, ils avaient appris de lui mille détails intimes sur l’homme illustre qu’ils contemplaient avec une sorte de recueillement ”
“ Malgré cette grande consolation, au milieu de ses désastres, et quoique l’inondation eût ralenti, sur quelques points, la marche des troupes françaises, la république restait dans la situation la plus périlleuse. La consternation régnait partout. Jean de Witt s’était laissé atteindre par le découragement public. En apprenant l’entrée de l’armée française dans le Betaw, il s’était rendu auprès de M. Gaspard Fagel, ancien pensionnaire de Haarlem et partisan zélé du prince d’Orange, quoique Jean de Witt l’eût fait nommer, en 1670, greffier des États-Généraux [36] . ”
Haussonville, Revue des Deux Mondes
“ Pendant le Directoire et la Révolution, et alors qu’elle se dévorait à Coppet dans l’inaction, elle avait écrit Montmorency, dont elle parlait à son mari dans ses lettres. En 1797, elle écrivit : Jean de Witt, tragédie en cinq actes et en vers. C’est la mention que porte un manuscrit tout entier de sa main. Le papier en est rude et épais, comme celui de presque tous les manuscrits de Mme de Staël. Le texte est fréquemment raturé, ce qui le rend par endroits difficile à déchiffrer. Le sujet du drame est le différend tragique de Jean de Witt avec Guillaume de Nassau. ”
“ La cruauté du peuple devenait plus grande de moment en moment. Craignant de perdre sa proie, il voulut s’assurer que les deux frères étaient toujours dans la prison. Vers onze heures et vers midi, des officiers et quelques bourgeois, suivis d’une trentaine de mutins, montèrent auprès d’eux et constatèrent qu’ils restaient à leur merci. Jean de Witt leur parla de l’innocence de son frère et de la sienne avec une douceur persuasive qui les ébranla. ”
Alexandre Dumas,
La tulipe noire
“ Corneille ou Cornélius de Witt, ruward de Pulten, c'est-à-dire inspecteur des digues de ce pays, ex-bourgmestre de Dordrecht, sa ville natale, et député aux États de Hollande, avait quarante-neuf ans, lorsque le peuple hollandais, fatigué de la république, telle que l'entendait Jean de Witt, grand pensionnaire de Hollande, s'éprit d'un amour violent pour le stathoudérat, que l'édit perpétuel imposé par Jean de Witt aux Provinces-Unies avait à tout jamais aboli en Hollande. ”
Eugène Sue,
Oeuvres illustrées d'Eugène Sue…
(1862)
“ Mais non, non, j'aurais dû le prévoir: cette âme est si pure et si élevée, qu'à chaque nouvelle félonie, elle répond par quelque noble action! encore une fois, cela est décidé, bien irrévocable- ment décidé. Je connais Jean de Witt. Désormais toute instance auprès de lui serait vaine. Et l'Isola, colonel? ajouta le vieillard avec un soupir. - L'Isola. Oh ! mordieu ! ce fut une autre chanson avec ce faquin ; mais attendez donc la fin de votre Jean de Witt. ”
Henriette de Witt,
Scènes historiques... (4e édition…
(1876)
“ « Et comment êtes-vous ici? s'écria-t-il avec étonnement. — Marthe est avec elle, dit Pierre; elle a dit en mourant : Faites comme Jean, » notre oncle qui a été tué, il y a deux ans, aux Échaubroignes, vous savez bien, monsieur Henri; et puisque les gars de Saint-Florent et ceux de Chollet ont pris leurs bâtons et leurs fusils plutôt que de tirer, nous venons savoir ce que veut faire M. Henri. C'est-il vrai, monsieur, comme ils disent à la Durbellière, que vous irez dimanche tirer à la milice de Boësmé, quand vos paysans se battent pour ne pas tirer? ”
Eugène Sue,
Jean Bart et Louis XIV : drames maritimes du XVIIe siècle
(1851)
“ Jean de Witt ne dit pas un mot de plus, se retourna vers le ruart, et, par un mouvement simultané, les deux frères se jetant dans les bras l'un de l'autre, s'embrassèrent avec effusion. Pendant ce temps, Tichelaar et Veroëf continuaient d'ameuter la populace au dehors, en criant : — Le chien et son frère vont sortir de la prison, il ne faut pas qu'ils en échappent. ”
Eugène Sue,
Jean Bart et Louis XIV : drames maritimes du XVIIe siècle
(1851)
“ Tentatives de meurtre sur le grand-pensionnaire Jean de Witt, à la Haye, et sur son frère, à Dordrecht. — Le peuple sôulevé demande l'abolition de l'edit perpétuel et le rétablissement du sUthôudéral en faveur du prince d'Orange. — Jean de Witt se démet de ses fohclions politiques. — Ses lettres à Ruyter. -Coriieille de Witt est accusé par Tielielaar d'avoir voulu le provoquer au meurtre du prince d'Oran,-,e. - Procès de Corneille de Witt -Il est mis à la torture. ”
Henriette de Witt,
Contes et récits
(1872)
“ Paule avait disparu sur un mot de sa mère. Comme Mme Laverdy se montrait à la porte de ses fils, Jean paraissait, chargé de deux énormes bouilloires. — Quand on a fait une sottise, on la répare, mes garçons, dit la mère avec une pointe de malice : vous avez fait geler, il faut dégeler maintenant. Vous allez verser l'eau chaude avec les mêmes précautions que l'eau froide, sans quoi, gare à mes plafonds et aux réparations, qui se feront à vos frais. Si la couche de glace est épaisse, l'opération pourra être longue ; mais le plancher de votre chambre sera bien lavé. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Un dernier trait achèvera de peindre ce grand citoyen. Il inspirait, même à ses adversaires, une telle confiance, que madame la princesse d’Orange lui confia la surveillance et la direction de l’éducation de son fils, quoiqu’elle sût Jean de Witt toujours inexorablement hostile au stathoudérat héréditaire dans la maison d’Orange. ”
Henriette de Witt,
En quarantaine : jeux et récits
(1878)
“ Albert restait toujours enfou dans ses oreillers, enfin il se retourna brusquement et, passant les bras autour du cou de se mère : « Maman, » murmura-t-il, « je ne veux plus fairt comme le gros singe noir et le petit ouistiti ; ils sont tous pareils, aussi méchants l'un que l'autre. Je n'abuserai plus de ma force avec Suzanne et Jean, comme vous dites quelquefois que je fais. Je ne veux pas ressembler aux singes! Non,je ne veux pas leur ressembler, même si je fais des grimaces comme eux ! » ”
Eugène Sue,
Jean Bart et Louis XIV : drames maritimes du XVIIe siècle
(1851)
“ Il faut en vérité être ce M. de Witt pour avoir de pareilles imaginations. C'est bien là cet homme dont il est impossible d'obtenir rien de sensé. — Impossible ! sire, dit Colbert avec un singulier accent de finesse; est-ce bien impossible? — Impossible, dit le roi, en montrant par un signe qu'il avait compris son ministre ; impossible : d'Estrades a même été plusieurs fois jusqu'à trois cent mille écus de gages et à promettre au de Witt l'appui de l'armée que j'enverrais là pour anéantir les cabales opposées à son parti, et conséquemment au mien. ”
Alexandre Dumas,
La tulipe noire
“ monsieur Jean, avait répondu la jeune fille, ce n'est pas le mal qu'on lui a fait que je crains pour lui: le mal qu'on lui a fait est passé.—Que crains-tu donc, la belle fille?—Je crains le mal qu'on veut lui faire, monsieur Jean.—Ah! oui, dit de Witt, ce peuple, n'est-ce pas!—L'entendez-vous?—Il est, en effet, fort ému; mais quand il nous verra, comme nous ne lui avons jamais fait que du bien, peut-être se calmera-t-il.—Ce n'est malheureusement pas une raison, murmura la jeune fille en s'éloignant pour obéir à un signe impératif que lui avait fait son père.—Non, mon enfant, non; ”
Eugène Sue,
Jean Bart et Louis XIV : drames maritimes du XVIIe siècle
(1851)
“ En voici bien une preuve : M. de Witt, qui est un homme tout honneur et vertu, ne lui a pas caché que, dans l'intérêt de la république, il avait cru devoir demander et obtenir autrefois des états généraux, tant par sa propre influence que par celle de Cromwell, l'abolition perpétuelle du stathoudérat et de la capitainerie générale dont avait été investi Guillaume II, père de Son Altesse. — Eh bien ! monsieur le comte, cette voix si criarde de l'héritage a-t-elle été aussi muette? ”
Henriette de Witt,
Scènes historiques et religieuses…
(1873)
“ Jean Basérat était penché vers la barque, y jetant les derniers paquets, il se releva tout à coup : « Au large ! cria-t-il, vite, vite. » Les archers arrivaient au galop ; l'obscurité augmentait, cependant ils distinguaient encore le bateau ; une lueur éclaira la mer, deux détonations suivirent, un léger cri courut sur les flots, puis on n'entendit plus que les coups pressés des rames. Les archers furieux s'étaient arrêtés sur le rivage, regardant la proie qui leur échappait. ”
Eugène Sue,
Jean Bart et Louis XIV : drames maritimes du XVIIe siècle
(1851)
“ Tenez, un exemple entre mille. Le grand pensionnaire de Witt, qui est à la tête des affaires de la Hollande, est un homme intègre, énergique, plein d'honneur et d'amour pour son pays, dévoué à la Hollande comme un amant à sa maîtresse , d'une si rare et si extraordinaire probité qu'il a été impossible, mais impossible de lui rien faire accepter, aucun subside, aucune pension, pas même un régal de pierreries (ce qui, après tout, n'est pas de l'argent) , pour l'engager plus avant dans l'intérêt du roi notre maître. ”
Henriette de Witt,
Contes et récits
(1872)
“ Pierre et moi nous porterons bien ça au salon. Remerciez pour moi Mme Brion : elle a pris bien de la peine pour réunir tant de linge. Le paysan avait déjà le pied sur la roue; il se retourna : — Dame! madame, dit-il vivement, sans compter qu'elle avait bonne envie de vous faire plaisir : son fils peut être blessé tout comme un autre, et elle sera contente de penser qu'il ne manquera ni de chemises ni de chiffons pour le panser. N'oubliez pas surtout, madame, les noms dans le journal ; que ceux de la commune sachent que je n'ai pas mis leur argent dans ma poche. ”
Henriette de Witt,
Sur la plage
(1882)
“ Grand-père fit signe que oui. Il aimait beaucoup à voir que Paul ne voulait pas toucher à ce qui n'était pas à lui. Quand ils étaient tout petits, François et lui, François qui était un peu gourmand, voulait toujours acheter des bonbons dans les boutiques autour de Maison-Blanche, mais Paul disait : « Non, nous n'avons pas de sous, on n'achète pas quand on n'a pas d'argent. » Il ne voulait pas non plus prendre les joujoux des autres enfants. « Celui-ci n'est pas à nous, » disait-il. Les coquilles étaient à la mer, et la mer n'était pas une personne. Paul commençait à remplir son panier. ”
Henriette de Witt,
Contes et récits
(1872)
“ Pierre la contemplait avec étonnement: il était habitué à voir sa maîtresse toujours active, toujours prévoyante, quelquefois pressée ; il ne comprenait pas la tristesse qui se peignait sur les traits expressifs de Mme Deaulieu. « Depuis quinze jours en campagne, et déjà! » murmurait-elle. Pierre saisit ces paroles ; il comprit: le pauvre petit paysan, élevé par charité, ressentait avec passion les défaites nationales. — Ce sera bientôt notre tour, madame t dit-il tout haut, répondant à la pensée de sa maîtresse. Elle tressaillit : — Dieu le veuille ! ”
Henriette de Witt,
Contes et récits
(1872)
“ Pierre hocha la tête : — Si vous m'aviez demandé des nouvelles du trésor, je vous aurais bien dit qu'il n'était pas là ! Je ne savais pas pourquoi M. André voulait une serpe, et puis la faux! — Vous savez donc où est le trésor? Les enfants s'étaient relevés au milieu du carré de fraises; leurs espérances renaissaient. Pierre était un homme prudent, qui ne se compromettait jamais. — Le trésor! je n'en sais rien; je ne pourrais pas vous dire s'il y est, attendu que je ne l'ai pas vu ; mais l'entrée du souterrain est sur la pelouse, sous le cèdre de Virginie. ”
Henriette de Witt,
Sur la plage
(1882)
“ « Regarde, mon garçon, dit Papa, regarde comme son cœur bat, » et il prit la main de François pour lui faire toucher la douce petite poitrine. « Oh! Papa, comme elle a peur! s'écria l'enfant; pauvre petite, une tourterelle à moi, ne crains rien, on ne te fera pas de mal! » Il s'était agenouillé et il embrassait la petite tête. La tourterelle n'était pas sauvage, elle était seulement effrayée; sous les caresses du petit garçon, elle semblait se rassurer. Maman tenait la cage, une jolie petite volière en osier. Tous les enfants s'étaient rapprochés de François. ”
Henriette de Witt,
Sur la plage
(1882)
“ François s'ennuyait parce qu'il n'avait rien à faire, il donnait des coups de pied au fond de la carriole ; Grand-père lui avait dit deux fois de se tenir tranquille et le petit garçon commençait à grogner. Maman le fit asseoir sur la banquette à côté d'elle; François s'endormit doucement dans ses bras, il s'était levé de grand matin, et il était déjà fatigué. Quand le vieux cheval s'arrêta à l'ombre d'un grand rocher sur le bord de la plage, François se frottait les yeux, tout étonné que le temps eût passé si vite; Paul avait causé tout le long du chemin avec son grand-père. ”
Henriette de Witt,
En quarantaine : jeux et récits
(1878)
“ Nous ne nous plaindrons ni de la fatigue, ni de l'inquiétude, ni de l'ennui. » — Vous avez raison, M. Charles, » dit gravement le vieux paysan. « Hourrah ! » criaient les garçons dans leur chambre. « Hourrah! » répondaient Blanche et Rose, toutes deux suspendues aux mains de leur sœur aînée. « Marthe ! il faut aussi crier hourrah ! La neige a diminué de moitié pendant la nuit; il y a partout des petits ruisseaux dans la cour! — Et le vent a sauté au Sud! » criait Robert. ”
Henriette de Witt,
Contes et récits
(1872)
“ Je me lève avec le jour. Les tâches étaient achevées et ses livres replacés dans le bissac, à côté du morceau de pain qui devait suffire à la journée, lorsque Arsène arriva en courant, tout hâletant, à peine habillé : « J'ai pas pris le temps de mettre mes chaussons, » disait-il; et il s'asseyait sur une pierre pour achever sa toilette, pendant qu'Etienne secouaiti doucement les branches des noisetiers ou des jeunes chênes au-dessus du vieux linge qu'il avait étendu à terre. ”
Henriette de Witt,
Sur la plage
(1882)
“ Elle avait chargé Paul de compter les pas du Manoir à l'église, et elle en avait fait le même nombre dans sa chambre. Elle se croyait sûre de pouvoir marcher sans fatigue ; mais elle regarda son fils qui l'attendait sans rien dire, et aussi le doux visage de Maman, qui avait l'air de lui demander pardon. Elle se leva et passa la main sur le bras de Papa. « Allons, dit-elle, pour cette fois encore ce sera comme vous voudrez ; mais prenez garde de me gâter : le moment viendra où je serai bien obligée de marcher sans vous, quand vous serez tous retournés à Maison-Blanche. » ”
