Résumé

Louis-Nicolas Bescherelle Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française (1856)

En un mot, la langue française est, comme cela doit nécessairement être, en rapport direct, intime, avec le peuple français lui-même, à qui pas un peuple rival ne conteste la prééminence en fait de sociabilité, de politesse, de franchise dans les manières, de générosité, d’élévation dans les instincts, et de merveilleuse aptitude pour les lettres, les sciences, les arts, le commerce, l’industrie, en un mot, pour tout ce qui est du ressort de l’action humaine.
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Louis-Nicolas Bescherelle Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française (1856)

On n’écrira pas, par exemple, en parlant des nèfles, que ce sont des fruits à noyau, puisque, de l’aveu même de l’Académie, ce sont des fruits qui ont plusieurs noyaux ; il faut absolument : les nèfles sont des fruits à noyaux. Mais, bien qu’il suit permis de se servir du singulier ou du pluriel, selon le point de vue de l’esprit, nous n’en pensons pas moins qu’il est ridicule de dire, comme M. Nap. Landais, qu’une poire est une sorte de fruit à pépin, en mettant pépin au singulier, et qu’une pomme est une sorte de fruit à pépins, en mettant ici pépin au pluriel.
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Louis-Nicolas Bescherelle Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française (1856)

Non : le Dictionnaire d’une langue, ce premier livre de toute nation civilisée, est le livre de tout le monde. Expression complète du monde social, il doit renfermer tous les mots qui sont à l’usage de tous. La langue n’est pas uniquement faite pour rendre les opérations de l’esprit et les mouvements du cœur, mais aussi pour exprimer l’étendue de l’action de l’homme sur l’univers que Dieu lui a donné pour domaine. Mépriser, d’ailleurs, le vocabulaire des arts et métiers, c’est mépriser la langue essentielle de la civilisation
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