Louise Colet

Louise Colet

Résumé

Portrait de Louise Colet Louise Colet,  Les Exilés

“ Après deux ans de mariage, qui n’avaient été pour elle qu’une longue fête, elle mit au monde une jolie petite fille qui, par un caprice étrange et poétique de sa mère, fut appelée du nom grec et charmant de Cléophée. Cette enfant fit comprendre le bonheur à la jeune duchesse, qui, jusqu’alors n’avait connu que la distraction ; son cœur s’ouvrit à un sentiment profond qui la rendit plus grave et plus sensible, sans toutefois l’initier encore aux misères incurables et aux douleurs sans nombre qui déchirent l’humanité. Pour cette vie constamment riante, le malheur avait été un livre fermé. ”
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Portrait de Louise Colet Louise Colet,  Les Exilés

“ Dieu ne veut pas que durant leur exil sur la terre les hommes se séparent en doux camps, ceux qui gémissent et ceux qui se réjouissent. Selon Dieu, ce n’est pas aux pauvres à crier vers ceux qui ont tout, mais à ceux-ci à appeler les pauvres et à leur ouvrir les bras. Malheur à ceux qui n’ont pas donné de larmes sympathiques aux affligés, qui furent sans pitié pour les cœurs malades, qui se jouant des sentiments sacrés de l’amour, de l’amitié, de la foi, de la candeur, ont foulé aux pieds les divins préceptes de la charité ! ”
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Portrait de Louise Colet Louise Colet,  Les Exilés

“ Non loin du champ du repos, une jeunesse insoucieuse dansait dans un wauxhall champêtre. En passant devant la haie d’aubépines fleuries qui cachait à cette salle de bal la vue du cimetière, la duchesse entendit des airs de valse qu’elle avait dansé l’hiver précédent à Paris. Son enfant courait en cadence à cette harmonie et souriait à la beauté de la campagne.
« Mon Dieu ! s’écria la jeune veuve, où est le deuil que je viens chercher ici ? la nature, avec sa sérénité et ses splendeurs toujours renaissantes, sert de voile à notre néant et nous le fait oublier ! »
”
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