André Léo

André Léo

Résumé

Portrait de André Léo André Léo Attendre-Espérer (1868)

Sur cette vaste et belle vallée, sur ces admirables coteaux, sur toute cette nature qui, dans sa puissance, exhalait une joie sereine, le regard du jeune homme errait amer, et rempli de ces interrogations ardentes, soupçonneuses, que l’être humain, quand il souffre, adresse à l’être éternel.
Tout à coup, une voix frêle, dont il reconnut aussitôt le timbre, parvint à son oreille. C’était la voix de Marthe, qui appelait Jeanne, et l’on eût dit que cette voix venait d’en haut. Le cœur palpitant, car Marthe n’était jamais loin de sa mère, Émile se rapprocha du moulin.
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Portrait de André Léo André Léo Attendre-Espérer (1868)

C’est de l’exaltation du sentiment que vient la notion de l’éternité. Le vrai bonheur est calme autant qu’immense. Tandis qu’appuyée sur le cœur de son amant, elle s’abandonnait sans réserves, il l’adorait sans désir. Vivre hors du temps et de l’espace est moins impossible qu’on ne l’imagine ; c’est un phénomène qu’accomplissent chaque jour les enthousiastes et les rêveurs.
Antoinette enfin releva la tête ; elle n’était plus pâle, mais rosée comme l’aube, et souriait sous ses larmes. Émile se mit à ses pieds pour la mieux voir et pour l’adorer.
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Portrait de André Léo André Léo Attendre-Espérer (1868)

Émile s’en saisit, non pour l’écarter, mais pour la tendre devant la jeune femme, en lui faisant remarquer la délicatesse des petites roses blanches portées par la guirlande épineuse.
— C’est vrai, dit Mme de Carzet ; ici, les plus humbles choses, et même les plus méprisées, ont une adorable beauté. Notre luxe à nous sent la pauvreté : cela se vend, s’achète, a son prix coté, c’est vulgaire ; cela respire de toutes parts l’effort, la limite ; au lieu que dans la nature, la beauté d’elle-même est inépuisable et abonde. C’est la vraie richesse.
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