Jules de Saint-Félix

Résumé

Jules de Saint-Félix Les Grandes Folies de mon temps… (1871)

Je sais bien que, dans un malheur public, la bienfaisance privée se montre, en France surtout, avec un empressement qu'on ne saurait trop louer. Mais, soyez de bonne foi, la vanité humaine n'est elle pas pour une part quelconque dans ces manifestations de générosité, de protection et de secours? Comme la veuve du temple de Jérusalem apportant furtivement son denier dans le tronc de l'aumône, le millionnaire portet-il en secret sa bourse d'or aux victimes d'une catastrophe et s'arrange-t-il pour que le silence soit fait sur cette belle action ?
Source : Gallica

Jules de Saint-Félix Les Grandes Folies de mon temps… (1871)

Vanités du nom, de l'argent, de la science, de la réputation, du succès, de la folie, dû vice... et jusqu'à la vanité des bonnes oeuvres, toutes s'étalent au grand jour et se prélassent avec une incomparable effronterie.
Ce vice funeste, cette égoïste et absurde contemplation de soi-même ; cette glorification perpétuelle de nos mérites personnels ; cette passion effrénée de l'individu pour sa propre nature, cette détestable vanité, répétons-le, est une des causes premières des désordres moraux dont nous sommes infestés.
Source : Gallica

Jules de Saint-Félix Les Grandes Folies de mon temps… (1871)

En demandant une protection, un asile et du pain pour le mendiant, en suppliant la richesse de supprimer elle-même et sans le secours de l'Etat la mendicité de la rue et la misère qui se cache, je reste sans pitié pour le criminel qui, pour sa défense, invoque ses haillons. Hélas! la maison de détention est aussi nécessaire que la maison de charité. Qui en doute ? Voilà pourquoi j'appelle de tous mes voeux les prodigalités de la bienfaisance; car, soyez-en sur plus les comptoirs de l'aumône seront peuplés de clients, plus les prisons seront désertes.
Source : Gallica

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