Lucien Descaves,
La maison anxieuse
(1916)
“ De cette affreuse guerre dont notre pensée ne peut se détacher, l'enfant ne retiendra, lui, que ce qui a frappé ses yeux : les images. Les braves gosses d'Arras et de Reims, qui vont à l'école étourdiment, sous les marmites, et récitent leurs leçons au bruit du canon, ressemblent aux gamins que nous étions il y a quarante-cinq ans. Ils regardent, je crois bien, avec plus de curiosité que d'admiration, les glorieux blessés qui passent. Ils recueillent, ils amassent des impressions, sans savoir ce qu'ils en feront. ”
