Lucien Descaves

Lucien Descaves

Résumé

Portrait de Lucien Descaves Lucien Descaves,  La maison anxieuse (1916)

“ De cette affreuse guerre dont notre
pensée ne peut se détacher, l'enfant ne retiendra, lui, que ce qui a frappé ses yeux : les images. Les braves gosses d'Arras et de Reims, qui vont à l'école étourdiment, sous les marmites, et récitent leurs leçons au bruit du canon, ressemblent aux gamins que nous étions il y a quarante-cinq ans. Ils regardent, je crois bien, avec plus de curiosité que d'admiration, les glorieux blessés qui passent. Ils recueillent, ils amassent des impressions, sans savoir ce qu'ils en feront.
”
Source : Gallica

Portrait de Lucien Descaves Lucien Descaves,  La maison anxieuse (1916)

“ Moratorium, dans chaque maison anxieuse, est le nom d'une nouvelle danse du scalpe devant MonsieurVautour plumé, claquant du bec et devenu proie.
Une longue dispense a fait perdre au locataire — ce qui ne lui était jamais arrivé — la mémoire des dates les plus tyranniques. Il vivait sous le joug. Il l'a secoué. Le 8 et le 15 de certains mois (il ne sait plus lesquels) , ont renoncé à le persécuter. Il est affranchi de cette obsession périodique. Pour combien de temps ? Ça dépendra.
Ce que n'a jamais fait, avec autant de plénitude et de durée, aucune révolution, la guerre l'a réalisé !
”
Source : Gallica

Portrait de Lucien Descaves Lucien Descaves,  La maison anxieuse (1916)

“ La guerre les révèle à eux-mêmes. Ils se découvrent, ces civilisés, les aptitudes à la chasse à l'homme et aux ruses qu'elle comporte, d'un Comanche ou d'un Mohave du Grand-Lac Salé. C'est pour eux comme un voyage d'exploration, avec ses risques et périls. Leur existence a maintenant une occupation, sinon un but. Ils sont comme projetés hors du temps, hors du réel, hors de tout. La mort, qui les frôle à chaque instant, leur fait sentir davantage le prix non pas de la vie ”
Source : Gallica

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