Lucien Fabre

Lucien Fabre

Résumé

Portrait de Lucien Fabre Lucien Fabre Rabevel ou Le mal des ardents (1923)

Sur la porte, Angèle se tenait, pâle, comme défaillante. Elle répéta d’un air égaré : François ! Puis, comme les yeux désillés : c’est toi, Bernard ? où est François ?... « Elle est folle ! » se dit Rabevel avec inquiétude. Il ajouta à voix haute : « Mais qu’as-tu donc ? François ?... Il est à deux mille kilomètres d’ici en plein océan. » Elle eut la force de refermer la porte et de venir tomber dans ses bras en sanglotant de bonheur. « Ah ! oui, elle m’aime », pensa Bernard ; et il sentit à ce moment dans sa plénitude une impression de puissance, d’orgueil et de sécurité.
Source : Gutenberg

Portrait de Lucien Fabre Lucien Fabre Rabevel ou Le mal des ardents (1923)

Et de toi, poursuivit-il, petit Bernard Rabevel, de toi nous ferons un grand citoyen ; un noble et vertueux citoyen. Tu promets par l’intelligence et la volonté ; nous les éduquerons comme elles doivent l’être. Veux-tu être bijoutier ? Non. Changeur, géographe, mécanicien ? Tu ne sais pas. Veux-tu mener des hommes, être puissant ? nous t’en donnerons les moyens. Tu seras le plus grand, le plus riche, le maître, tu entends, le maître par la fortune et la puissance.
L’enfant sourit, leva vers Lazare des yeux extasiés, il donna d’un geste brusque et comme d’oubli ou de pardon sa main libre à Noë.
Source : Gutenberg

Portrait de Lucien Fabre Lucien Fabre Rabevel ou Le mal des ardents (1923)

La Farnésina fit des coquetteries : « On ne me la sacrifiera pas une pauvre petite fois ? »
— Qu’as-tu donc ? dit Ramon à voix basse. Tu ne vois pas qu’elle est folle de toi ?
Alors Bernard joua le grand jeu. Il feignit le coup de foudre, l’affolement. Il avait l’air de sacrifier son passé, ses projets, ses plus chères amours à la passion soudaine, baisa la main de la courtisane et relevant la tête lui offrit un visage si exalté qu’elle le repoussa dans l’ombre de la loge sans plus savoir ce qu’elle faisait et le baisa sur les deux joues à pleines lèvres comme un enfant : « Oh ! chérubin ! »
Source : Gutenberg

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