Hélène Elisabeth Juillerat,
Ma sœur inconnue
“ Elle écoutait avec attention, posant par instant sur le jeune homme son regard profond. — Voyez-vous, concluait Bernard, si dure qu’elle ait été, sa tutrice avait raison. Christiane est si jeune, si enthousiaste. Elle a pu s’imaginer de bonne foi qu’elle m’aimait, alors qu’elle ne ressentait pour moi que de la pitié... Jeanine s’anima, elle eut un haussement d’épaules agacé. — Si jeune, dites-vous ? On peut connaître son cœur à dix-neuf ans ! J’en ai vingt-deux, mais si, à dix-neuf ans, j’avais rencontré Roger, je l’aurais aimé comme aujourd’hui. ”
