Résumé

Marcel Mültzer Avec les Poilus: Maman la Soupe et son chat Ratu

Il creuse, il fouille, il disparaît dans le trou qu'il fait; il s'interrompt pour flairer encore, puis reprend sa besogne avec une hâte fébrile, désespérée... Sous sa patte, il voit enfin sortir de terre, comme une petite touffe d'herbe couleur 53 de sable, il la respire: c'est Fiquet! C'est son Fiquet! Cette touffe d'herbe, c'est une mèche des cheveux blonds du pauvre enfant, enterré sous une montagne de terre. Alors Ratu rentre ses griffes, et c'est en faisant patte de velours, qu'il continue à fouir bien doucement, pour ne pas blesser le visage pâle qui émerge peu à peu du sol brun.
Source : Gutenberg

Marcel Mültzer Avec les Poilus: Maman la Soupe et son chat Ratu

«Marraine! Marraine!»
—«V'là qu'il parle, à cette heure?» dit Le Kerkellen, un Breton que l'intelligence du chat avait toujours trouvé méfiant.
—«Ça, dit Fiquet, c'est vrai qu'il a dit Marraine.»
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—«Ratu qui parle!» se chuchota-t-on dans l'escouade, avec émerveillement.
—«Un chat qui parle, c'est pas naturel, reprit Le Kerkellen. Il est trop malin pour une bête. Il est plus rusé que la moitié d'un homme. C'est du demi-monde que ce chat-là.»
—«Marraine! Marraine!» interrompit la petite voix enrouée, la petite voix étrange de Ratu, toujours lançant son appel éploré vers l'horizon.
Source : Gutenberg

Marcel Mültzer Avec les Poilus: Maman la Soupe et son chat Ratu

A quoi pensait Ratu, en regardant le feu de bivouac? Jamais personne ne le dira, mais Fiquet s'était éveillé: il avait vu la silhouette noire de son ami se détacher comme une ombre chinoise sur la clarté du foyer... Le demi-sommeil embrouilla les choses grises, Fiquet crut se voir en sentinelle, à la porte du hangar... Que gardait-il? Le drapeau, le foyer, un chat?...
Et dans son rêve, des voix étranges prirent la parole:
Le feu
Je suis le feu qui danse et qui répand la joie.
Source : Gutenberg

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